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	<title>Alter-Echos</title>
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	<description>Site d&#039;informations sur les alternatives sociales et écologiques</description>
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		<title>Détroit : l&#8217;agriculture urbaine, antidote à la désindustrialisation ?</title>
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		<pubDate>Wed, 15 May 2013 12:08:09 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alternatives Concrètes]]></category>
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		<description><![CDATA[
Après Montréal (Québec), Rosario (Argentine), Rio de Janeiro (Brésil), Milwaukee et Denver (Etats-Unis), Alter-Echos (www.alter-echos.org) poursuit son tour d&#8217;horizon des expériences d&#8217;agriculture urbaine avec Détroit, symbole international de l&#8217;industrie automobile américaine. Mais aussi &#171;&#160;symbole de la post-industrialisation&#160;&#187; d&#8217;après Grace Lee Boggs, depuis que ses habitants essaient de réinventer leur ville à partir de l&#8217;agriculture urbaine et de l&#8217;autosuffisance alimentaire.
Détroit, la ville des « Big Three » – Ford, General Motors, Chrystler – fut le berceau de l&#8217;industrie automobile américaine. Un des carrefours névralgiques de la &#8216;Manufacturing Belt&#8216; (ceinture des usines), coeur industriel des Etats-Unis. Devenue la &#8216;Rust Belt&#8217; (ceinture de rouille), cette région est souvent citée en exemple comme le symbole de la désindustrialisation et de la crise économique. Détroit en est l&#8217;exemple le plus abouti. Depuis 1950, la ville a perdu la moitié de sa population, passant de 1,8 million d&#8217;habitants en 1950 à quelque 700 000 aujourd&#8217;hui. Si le taux ...]]></description>
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<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/05/detroit.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2564" style="margin: 10px;" alt="detroit" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/05/detroit-300x225.jpg" width="242" height="181" /></a><em><strong>Après <a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/a-montreal-les-jardins-autonomes-squattent-les-toits/">Montréal</a> (Québec), <a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/en-argentine-les-habitants-cultivent-pour-sortir-de-la-crise/">Rosario</a> (Argentine), <a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/quand-l%e2%80%99agroecologie-enrichit-les-femmes-des-quartiers-populaires/">Rio de Janeiro</a> (Brésil), <a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/comment-reconvertir-son-usine-en-ferme-ecologique/">Milwaukee</a> et <a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/ces-villes-qui-tentent-de-se-liberer-du-petrole/">Denver</a> (Etats-Unis), <a href="http://www.alter-echos.org">Alter-Echos </a>(<a href="http://www.alter-echos.org">www.alter-echos.org</a>) poursuit son tour d&rsquo;horizon des expériences d&rsquo;agriculture urbaine avec Détroit, symbole international de l&rsquo;industrie automobile américaine. Mais aussi &laquo;&nbsp;symbole de la post-industrialisation&nbsp;&raquo; d&rsquo;après Grace Lee Boggs, depuis que ses habitants essaient de réinventer leur ville à partir de l&rsquo;agriculture urbaine et de l&rsquo;autosuffisance alimentaire.</strong></em></p>
<p>Détroit, la ville des « Big Three » – Ford, General Motors, Chrystler – fut le berceau de l&rsquo;industrie automobile américaine. Un des carrefours névralgiques de la &lsquo;<em>Manufacturing Belt</em>&lsquo; (ceinture des usines), coeur industriel des Etats-Unis. Devenue la <em>&lsquo;Rust Belt&rsquo;</em> (ceinture de rouille), cette région est souvent citée en exemple comme le symbole de la désindustrialisation et de la crise économique. Détroit en est l&rsquo;exemple le plus abouti. Depuis 1950, la ville a perdu la moitié de sa population, passant de 1,8 million d&rsquo;habitants en 1950 à quelque 700 000 aujourd&rsquo;hui. Si le taux de chômage officiel est de 15,8 %, il augmente à mesure que l&rsquo;on s&rsquo;approche du centre-ville et dépasse 50 % dans certains quartiers. Avec ses 80 000 logements abandonnés (près de un sur cinq), ses terrains vacants et ses façades de bâtiments ornées de pancartes « à vendre » ou « à louer », Détroit donne d&rsquo;abord l&rsquo;impression d&rsquo;une ville fantôme. Symbole de cette déroute, Détroit vient d&rsquo;être mise sous tutelle par l&rsquo;Etat du Michigan.</p>
<p>Derrière cet apparent désastre industriel, économique et social, celles et ceux restés sur place ont le projet fou de rebâtir une nouvelle cité sur les ruines de l&rsquo;ancienne. La portion de la ville inoccupée est évaluée à 233 km2 sur une surface totale de 350 km2. Plus un seul quartier dans Détroit n&rsquo;abrite pas un jardin familial ou communautaire. Dès la fin du 19e siècle, Détroit connut des expériences d&rsquo;agriculture urbaine. Au cœur des années 1970, le maire Coleman Young lance le programme Farm-A-Lot qui autorise les résidents à obtenir un permis pour cultiver dans leur quartier. Aujourd&rsquo;hui plus de 16 000 résidents seraient investis dans 1 300 jardins. Les motivations sont diverses : certains cultivent pour survivre, d&rsquo;autres pour nourrir les plus démunis, avoir accès à de la « <em>nourriture saine »,</em> recréer du lien social dans le quartier ou développer une activité économique locale&#8230; Tous à leur manière façonnent une société post-industrielle. Qui inspire.</p>
<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/detroit-lagriculture-urbaine-antidote-a-la-desindustrialisation/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><br/><br />
Cette vidéo peut-être obtenue en format DVD pour des projections publiques <strong><a href="http://alter-echos.org/nous-contacter/">en nous contactant</a></strong>.</p>
<p>Vous pouvez retrouver tous nos articles sur les expériences d&rsquo;agriculture urbaine sur <a href="http://alter-echos.org/inventer/agriculture-urbaine/"><strong>cette page</strong></a>.</p>
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		<title>Autriche : les gardiens de l&#8217;Arche de Noah</title>
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		<pubDate>Mon, 29 Apr 2013 07:12:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Alternatives Concrètes]]></category>
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		<description><![CDATA[
En Autriche, plus de 6 000 variétés de légumes rares et de céréales sont conservées par l&#8217;Arche de Noah. Cette organisation à but non lucratif,  forte de 10 000 membres, mise sur le travail en réseau pour faire vivre la biodiversité cultivée. Cet article a initialement été publié dans le Journal des rencontres internationales des maisons de semences qui se sont déroulées du 27 au 29 septembre 2012 à Boulazac (Dordogne) à l’initiative du Réseau Semences Paysannes, de Bio d’Aquitaine et de l’association BEDE.
« Nous considérons les plantes comme nos partenaires et pas comme nos marchandises ». Beate Koller est coordinatrice de l&#8217;Arche de Noah, une organisation à but non lucratif en Autriche. Créée en 1990 à l&#8217;initiative de jardiniers, d&#8217;agriculteurs et de journalistes soucieux de l&#8217;avenir des semences et des variétés « anciennes », l&#8217;Arche de Noah rassemble aujourd&#8217;hui 10 000 membres. « On compte quelques centaines de paysans et plusieurs milliers de jardiniers », ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<style type="text/css"><!--
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<p><strong><em><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/haricotVA2_v_abatzian.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2516" style="margin: 10px;" alt="haricot" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/haricotVA2_v_abatzian-300x225.jpg" width="246" height="184" /></a>En Autriche, plus de 6 000 variétés de légumes rares et de céréales sont conservées par l&rsquo;Arche de Noah. Cette organisation à but non lucratif,  forte de 10 000 membres, mise sur le travail en réseau pour faire vivre la biodiversité cultivée. Cet article a initialement été publié dans le <a href="http://www.semencespaysannes.org/images/imagesFCK/image/accueil/WEB2_RSP_journal_rencontres-MSP.pdf">Journal des rencontres</a> internationales des maisons de semences qui se sont déroulées </em><em>du 27 au 29 septembre 2012 à Boulazac (Dordogne) à l’initiative du <a href="http://www.semencespaysannes.org/" rel="external">Réseau Semences Paysannes</a>, de <a href="http://www.bio-aquitaine.com/" rel="external">Bio d’Aquitaine</a> et de <a href="http://www.bede-asso.org/" rel="external">l’association BEDE</a>.</em></strong></p>
<br/>
<p><i>« Nous considérons les plantes comme nos partenaires et pas comme nos marchandises »</i>. Beate Koller est coordinatrice de l&rsquo;Arche de Noah, une organisation à but non lucratif en Autriche. Créée en 1990 à l&rsquo;initiative de jardiniers, d&rsquo;agriculteurs et de journalistes soucieux de l&rsquo;avenir des semences et des variétés « anciennes », l&rsquo;Arche de Noah rassemble aujourd&rsquo;hui 10 000 membres. <i>« On compte quelques centaines de paysans et plusieurs milliers de jardiniers »</i>, précise Beate. Ces particuliers, agriculteurs ou jardiniers amateurs, conservent des semences dans leur jardin et leurs champs, et prennent soin des variétés menacées d&rsquo;extinction. L&rsquo;Arche encourage à la créativité dans la conservation, chacun est donc libre de laisser les variétés évoluer et s’adapter localement s’il le souhaite. Plus de vingt ans après sa création, l&rsquo;Arche de Noah possède aujourd&rsquo;hui l&rsquo;une des plus grandes banques de semences d&rsquo;Europe avec plus de 6 000 variétés de légumes rares et de céréales. Afin de pouvoir observer et faire vivre une partie de cette richesse, un jardin situé à 150 kms de Vienne et abritant environ 400 variétés, est ouvert aux visiteurs.</p>
<br/>
<h3><i><strong>« Nous n&rsquo;avons pas vocation à devenir une firme semencière <i>»</i></strong><br />
</i></h3>
<p>Dès le début, l&rsquo;organisation a fait le choix qu&rsquo;une partie de son travail devait être financé par la vente des semences. Celles-ci sont donc commercialisées dans la boutique du jardin, sur les marchés où l&rsquo;Arche de Noah est présente, et par la vente par correspondance. Un inventaire de toutes les variétés détenues par les membres de Arche de Noah et par sa banque de semences est réalisé chaque année. Le catalogue qui en est issu, gratuit pour les membres, mentionne les variétés à conserver, les contacts des personnes qui les détiennent, des informations sur les endroits où les variétés sont cultivées et des données sur leurs intérêts. Les membres de l&rsquo;organisation qui mettent leurs collections dans le catalogue reçoivent une « contribution » pour leur travail au moment de la vente des semences. Mais cette contribution financière ne correspond pas totalement à la valeur de la semence vendue, c&rsquo;est-à-dire au coût de production<a href="#sdfootnote1sym" name="sdfootnote1anc"><sup>1</sup></a>. Le travail de conservation réalisé par les membres demeure un service rendu.</p>
<br/>
<h3><em><strong>La mise en réseau, une dimension essentielle</strong></em></h3>
<p><i>« Nous n&rsquo;avons pas vocation à devenir une firme semencière</i>, tient à préciser Beate. <i>La biodiversité est un processus vivant qui repose sur une conservation dynamique et pas statique ».</i> La mise en réseau est ainsi un aspect essentiel du travail de l&rsquo;Arche de Noah. Au-travers de formations, de séminaires et de publications, l&rsquo;Arche invite ses membres à partager leurs connaissances et à échanger avec d&rsquo;autres acteurs impliqués dans la préservation de la biodiversité cultivée. <i>« Nous tenons des rencontres dans différentes régions où les gens se rendent, visitent, échangent. Nos formations sont également variées, certaines s&rsquo;étalant sur une année complète, d&rsquo;autres consistant en des ateliers cuisine où l&rsquo;on apprend à transformer ses légumes pour l&rsquo;hiver »</i>, relate Bate. L&rsquo;organisation dispose aussi d&rsquo;un service technique et apporte réponses, soutien et conseils à ses membres dans le choix des variétés, la préservation des variétés rares, la culture, etc. Plusieurs livres recensant les expériences des adhérents ont également été édités.</p>
<br/>
<h3><em><strong>Créateurs actifs politiques</strong></em></h3>
<p>De façon plus globale, un travail de conscientisation autour de la semence est mené par l&rsquo;Arche de Noah, auprès des enfants notamment. <i>« Beaucoup ne comprennent plus le lien entre les semences et leur vie de tous les jours, </i>constate Beate. <i>Nous essayons au quotidien d&rsquo;enrichir et de renouveler le lien entre les producteurs et les consommateurs »</i>. Toutes ces activités s&rsquo;appuient sur une large équipe comprenant de nombreux bénévoles. Si l&rsquo;Arche de Noah bénéficie du soutien financier de fondations, ce sont essentiellement les cotisations et les dons qui la font vivre. <i>« Ce qui guide notre travail</i> conclut Beate, <i>c&rsquo;est de voir en chacun de nos membres des créateurs actifs politiques »</i>.</p>
<br/>
<p>Plus d&rsquo;informations : http://www.arche-noah.at/</p>
<p>Photo : Valérie Abatzian</p>
<p>Notes</p>
<div id="sdfootnote1">
<p><a href="#sdfootnote1anc" name="sdfootnote1sym">1 </a>http://www.semencespaysannes.org/arche_noah_reseau_conservation_dynamique_en_a_438.php</p>
</div>
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		<item>
		<title>Etats-Unis &#8211; Pipeline Keystone XL : « Si nous ne faisons pas l&#8217;impossible, nous devrons faire face à l&#8217;impensable! »</title>
		<link>http://alter-echos.org/extractivisme-ressources-naturelles/etats-unis-pipeline-keystone-xl-%c2%ab%c2%a0si-nous-ne-faisons-pas-limpossible-nous-devrons-faire-face-a-limpensable%c2%a0%c2%bb/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 06:38:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extractivisme / Ressources naturelles]]></category>
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		<description><![CDATA[Jamais une cause écologique n&#8217;avait autant mobilisé et suscité une opposition si déterminée que le projet de construction du pipeline Keystone XL. Supposé compléter un réseau de canalisations existant, ce pipeline vise à faciliter et décupler l&#8217;acheminement du pétrole issu des sables bitumineux du Canada vers les raffineries du Golfe du Mexique. Au fil des années, un véritable bras de fer s&#8217;est constitué autour de ce pipeline de la discorde (voir notre précédent article). Alors qu&#8217;Obama doit prochainement rendre son arbitrage final, Alter-Echos (www.alter-echos.org) a décidé de faire le point en interrogeant Arlo Comfrey, du groupe Tar sands blockade, organisateur d&#8217;actions de blocage contre les pipelines et le pétrole issu des sables bitumineux. 
Pouvez-vous nous expliquer où en est la lutte contre le pipeline Keystone XL ?
Suite au sit-in organisé par 350.org devant la Maison Blanche en août 2011, les inquiétudes devant le développement des sables bitumineux, jusqu&#8217;ici assez marginales, ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/Tar_Sands_Block_Logo_Green.jpg"><img class="alignleft size-thumbnail wp-image-2473" title="Tar_Sands_Block_Logo_Green" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/Tar_Sands_Block_Logo_Green-150x150.jpg" alt="" width="150" height="150" /></a>Jamais une cause écologique n&rsquo;avait autant mobilisé et suscité une opposition si déterminée que le projet de construction du pipeline Keystone XL. Supposé compléter un réseau de canalisations existant, ce pipeline vise à faciliter et décupler l&rsquo;acheminement du pétrole issu des sables bitumineux du Canada vers les raffineries du Golfe du Mexique. Au fil des années, un véritable bras de fer s&rsquo;est constitué autour de <a href="http://alter-echos.org/extractivisme-ressources-naturelles/aux-etats-unis-bras-de-fer-autour-du-pipeline-de-la-discorde/">ce pipeline de la discorde (voir notre précédent article)</a>. Alors qu&rsquo;Obama doit prochainement rendre son arbitrage final, <a href="http://www.alter-echos.org"><strong>Alter-Echos</strong></a> (<a href="http://www.alter-echos.org"><strong>www.alter-echos.org</strong></a>) a décidé de faire le point en interrogeant Arlo Comfrey, du groupe <a href="http://www.tarsandsblockade.org/">Tar sands blockade,</a> organisateur d&rsquo;actions de blocage contre les pipelines et le pétrole issu des sables bitumineux. </strong></em></p>
<h3>Pouvez-vous nous expliquer où en est la lutte contre le pipeline Keystone XL ?</h3>
<p>Suite au sit-in organisé par 350.org devant la Maison Blanche en août 2011, les inquiétudes devant le développement des sables bitumineux, jusqu&rsquo;ici assez marginales, sont soudainement apparues dans le débat public aux Etats-Unis. Depuis, la résistance citoyenne au pipeline Keystone XL de l&rsquo;entreprise TransCanada n&rsquo;a cessé d&rsquo;augmenter. Les déclarations de James Hansen, climatologue de la Nasa et maintenant tristement célèbre pour sa citation sur le « <em>game over</em> », ont alerté de nombreux américains :</p>
<p style="padding-left: 30px;">« <em>Si le Président Obama approuve le projet de pipeline Keystone XL, c&rsquo;est game over pour le climat car cela signifierait qu&rsquo;Obama ne fait que du greenwashing, comme les autres politiques qui sont au service de l&rsquo;industrie fossile, et sans réelle intention de résoudre notre dépendance aux fossiles.</em> »</p>
<p>Afin d&rsquo;apaiser une colère citoyenne grandissante envers ce projet qui n&rsquo;est rien d&rsquo;autre qu&rsquo;un écocide, tout en conservant de bonnes relations avec l&rsquo;industrie extractive aux poches bien remplies, Obama a temporairement refusé d&rsquo;accorder le permis pour le pipeline. Puis il a tranquillement fait accélérer la branche sud du pipeline, partant de Cushing (Oklahoma) jusqu&rsquo;aux raffineries meurtrières de Houston et Port Arthur (Texas). Ce segment, connu sous le nom de projet Gulf Coast, a été approuvé il y a maintenant deux ans par Obama lors d&rsquo;un déplacement sur place, avec une phrase sans équivoque : « <em>Aujourd&rsquo;hui,  je demande à mon administration de réduire les formalités administratives, de faciliter le passage des obstacles bureaucratiques pour faire de ce projet une priorité, pour aller de l&rsquo;avant et le mener à bien </em>».</p>
<p>Bien que certaines ONG comme 350.org aient accompli un précieux travail de sensibilisation du grand public sur le développement des sables bitumineux, leur relation intime avec le Président les a empêchées de critiquer trop vivement l&rsquo;approbation du projet Gulf Coast, qui plus est en pleine année électorale. Néanmoins, ces ONG continuent d&rsquo;utiliser la citation de James Hansen sur le <em>game-over</em> dans leur campagne contre la branche nord du pipeline, celle à propos de laquelle Obama doit prochainement statuer.</p>
<p>Se sentant trahis par les politiques, les organismes de régulation étatiques et les ONG environnementales, une coalition de propriétaires terriens du Texas et des militants écologistes ont commencer à préparer en cachette une série de barrages afin de stopper la construction et d&rsquo;attirer l&rsquo;attention sur le projet Gulf Coast qui avait été oublié. Près d&rsquo;un an plus tard, nous nous battons toujours contre la construction de ce pipeline alors que beaucoup ont concentré leur attention sur le Nord.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/406246_10101435521061093_997053423_n.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2474" title="406246_10101435521061093_997053423_n" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/406246_10101435521061093_997053423_n.jpg" alt="" width="556" height="297" /></a></p>
<h3>Pourquoi le blocage de projets de pipeline aux Etats-Unis et au Canada est un moyen de lutter contre la production de pétrole issu des sables bitumineux ?</h3>
<p>Les sables bitumineux d&rsquo;Alberta sont totalement enclavés. Les pipelines sont les principaux moyens de l&rsquo;industrie pétrolière pour évacuer ses productions vers le marché mondial. En voyant les goulets d&rsquo;étranglement inhérents à ces dispositifs, les militants écologistes et les populations indigènes de Turtle Island – le terme utilisé pour nommer la zone colonisée que constitue l&rsquo;Amérique du Nord – ont commencé à bloquer la construction de ces infrastructures comme un moyen stratégique visant à  faire apparaître les sables bitumineux comme risqués et défavorables pour les investisseurs potentiels. Le tout en attirant l&rsquo;attention du public sur le mégaprojet dévastateur que constituent les sables bitumineux.</p>
<p>En raison de la surabondance de pétrole issu des sables bitumineux en Alberta, et maintenant à Cushing – merci au pipeline Keystone 1 construit en 2010 – il semble que cette stratégie s&rsquo;avère efficace puisque les prix mondiaux du pétrole lourd canadien de référence – le Canadian Heavy Crude selon son nom industriel – ont chuté à la fin 2012, en raison des difficultés à accéder aux raffineries des côtes. L&rsquo;angoisse de l&rsquo;industrie de se retrouver par conséquent en surproduction et sous-raffinement des sables bitumineux fut certainement la raison qui a poussé Obama à faciliter le projet Gulf Coast. Avec le pipeline Keystone 1 existant, ce nouveau projet va relier les sables bitumineux aux raffineries du Golfe du Mexique, et réduire significativement les engorgements d&rsquo;approvisionnement qui ont fait baisser les prix tout en décourageant des investisseurs.</p>
<h3><strong>Quelles sont les différentes actions que vous organisez ? </strong></h3>
<p>Au cour des 8 derniers mois, nous avons organisé 18 actions importantes – qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de villages dans les arbres, de grèves de la faim ou d&rsquo;occupations de pipelines – pour lesquelles TransCanada prétend avoir supporté 5 millions de dollars de dommages. Cependant, en raison d&rsquo;un récent procès intenté contre notre campagne, nous ne sommes plus en mesure d&rsquo;empiéter sur les propriétés Keystone XL sans risquer des accusations très graves ; mais heureusement nous commençons à en voir d&rsquo;autres mener des actions que nous ne pouvons plus prendre. Il y a peu, nous avons contribué à coordonner une semaine de 50 actions à travers les Etats-Unis comme un effort concerté pour cibler les profiteurs des sables bitumineux et les rendre méfiants quant à leurs investissements.</p>
<p>Concernant les prochaines étapes, j&rsquo;espère que nous allons arriver à coordonner des mobilisations de masse similaires à la très inspirante occupation des terres par la ZAD sur les lieux de l&rsquo;aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou les mobilisations anti-nucléaires à Gorleben (Allemagne). Un prolongement évident du travail que nous avons mené jusqu&rsquo;ici serait de s&rsquo;appuyer sur l&rsquo;énergie déployée lors de la mobilisation en face de la Maison Blanche pour se retourner contre la construction du pipeline lui-même et dire « Si vous ne le stoppez pas, nous le ferons pas ».</p>
<h3><strong>Qu&rsquo;attendez-vous d&rsquo;Obama ? </strong></h3>
<p>Bien que nous ayons tous notre avis sur ce qu&rsquo;Obama pourrait décider, la plupart n&rsquo;est que de la spéculation. Ceci dit, le mois dernier, nous avons vu une série de signes défavorables démontrant que le gouvernement américain a très peu d&rsquo;égards pour l&rsquo;opinion publique concernant ce pipeline.  Après un énorme rassemblement anti-Keystone XL avec environ 50 000 personnes en face de la Maison Blanche en février, il a été découvert que Obama était en Floride pour jouer avec des cadres du pétrole en même temps. Quelques semaines plus tard,  le Département d&rsquo;Etat a publié un rapport sur l&rsquo;impact environnemental du pipeline qui a conclu qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait « vraisemblablement pas d&rsquo;effets environnementaux négatifs importants ». Depuis, dans un sinistre rappel de la trahison des électeurs américains, le Sénat américain a voté par 62 voix contre 37 pour symboliquement entériner l&rsquo;approbation du pipeline. Bien qu&rsquo;il serait évidemment favorable pour lui de refuser le pipeline afin de maintenir la paix sociale, Obama est peut-être assez fou pour l&rsquo;approuver et ainsi libérer la colère des populations qui ont perdu la foi en leurs dirigeants. Dès lors, nous devons continuer à combattre comme si nous n&rsquo;avions pas le choix, parce que nous ne l&rsquo;avons tout simplement pas. Comme Murray Bookchin(1) l&rsquo;a dit un jour : « <em>Si nous ne faisons pas l&rsquo;impossible, nous devrons faire face à l&rsquo;impensable! </em>»</p>
<p>Propos recueillis par <a href="http://www.alter-echos.org"><strong>Alter-Echos</strong></a> (<a href="http://www.alter-echos.org"><strong>www.alter-echos.org</strong></a>)</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/blockade.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2475" title="blockade" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2013/04/blockade.jpg" alt="" width="560" height="372" /></a></p>
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		<title>Des maisons de semences paysannes pour se libérer de l’agrobusiness</title>
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		<pubDate>Tue, 04 Dec 2012 08:00:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est un mouvement mondial : du Brésil à la Grèce, en passant par le  Périgord, des maisons et des banques coopératives de semences se  multiplient. L’objectif : libérer les agriculteurs des droits de  propriété imposés par l’industrie semencière, ne dépendre ni des OGM ni  des pesticides, et cultiver la biodiversité. Plus de 300 paysans de  quinze pays sont venus témoigner en France de leurs expériences  collectives en faveur de la souveraineté alimentaire.
Ce reportage a initialement été publié sur le site d’infos indépendant Basta!

« Il faut nous organiser pour récupérer toutes les semences qui  sont dans les banques de gènes et remettre ce trésor entre des mains  sures, celles des paysans ». Au milieu d’une centaine de variétés de  maïs, en plein cœur de la Dordogne, Bertrand Lassaigne raconte  l’histoire de la première maison de semences paysannes en France.  Installé depuis 20 ans près ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/12/souverainete-alimentaire.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2465" style="margin: 10px;" title="souverainete alimentaire" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/12/souverainete-alimentaire-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>C’est un mouvement mondial : du Brésil à la Grèce, en passant par le  Périgord, des maisons et des banques coopératives de semences se  multiplient. L’objectif : libérer les agriculteurs des droits de  propriété imposés par l’industrie semencière, ne dépendre ni des OGM ni  des pesticides, et cultiver la biodiversité. Plus de 300 paysans de  quinze pays sont venus témoigner en France de leurs expériences  collectives en faveur de la souveraineté alimentaire.</strong></em></p>
<p><strong><em>Ce reportage a initialement été publié sur le site d’infos indépendant </em><a href="http://www.bastamag.net/article2750.html"><em>Basta!</em></a></strong></p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<p><em>« Il faut nous organiser pour récupérer toutes les semences qui  sont dans les banques de gènes et remettre ce trésor entre des mains  sures, celles des paysans »</em>. Au milieu d’une centaine de variétés de  maïs, en plein cœur de la Dordogne, Bertrand Lassaigne raconte  l’histoire de la première maison de semences paysannes en France.  Installé depuis 20 ans près de Périgueux, Bertrand cultive  principalement des céréales et des protéagineux – maïs, céréales à  paille, soja, lentilles&#8230; Peu à peu, il développe son autonomie en  semences et parvient en moins de dix ans à autoproduire la  quasi-totalité de ses cultures, sauf en maïs où il continue chaque année  d’acheter de la semence non reproductible qualifiée d’hybrides.</p>
<p>En 1999, une rumeur circule parmi les producteurs de maïs : des  semences polluées par des OGM auraient été vendues. Bertrand Lassaigne,  un des rares agriculteurs à produire du maïs bio, pressent la nécessité  de trouver une alternative aux semences industrielles proposées par les  semenciers. C’est le début d’un long chemin pour se réapproprier des  savoirs-faire perdus. Pour éviter les OGM, il part chercher des semences  au Guatemala. Et ramène onze variétés de maïs qu’il sème à son retour.  Mais le résultat est décevant : les variétés collectées ne sont pas du  tout adaptées au climat.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>S’affranchir de l’industrie semencière</strong></h3>
<p>Le début du projet est laborieux. La difficulté de trouver de  nouvelles variétés s’ajoute à un contexte réglementaire menaçant, qui ne  permet ni la vente ni les échanges de semences [<a id="nh1" title="Lire à ce sujet : Les semences et les plantes, propriété exclusive de (...)" rel="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nb1">1</a>]. Le travail de Bertrand se déroule dans une quasi-clandestinité ! Ce qui limite <em>de facto</em> la communication autour du projet. Mais le bouche-à-oreille fonctionne : plusieurs agriculteurs mettent à disposition <em>« la variété de leurs aïeux »</em>.  Bertrand réalise lui-même les premiers croisements, donnant naissance à  de nouvelles variétés. Au sein d’AgroBio Périgord, l’association de  développement de l’agriculture biologique, Bertrand s’associe à d’autres  agriculteurs et jardiniers pour créer la Maison des Semences Paysannes.</p>
<p>Onze ans plus tard, les résultats sont là. Leur maison de semences [<a id="nh2" title="Le programme « L’Aquitaine cultive la biodiversité »." rel="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nb2">2</a>]  compte plus d’une centaine de variétés de maïs adaptées aux conditions  de l’agriculture biologique. Souvent plus riches en protéines, les  variétés sélectionnées sont moins exigeantes en eau et plus résistantes  aux maladies que les semences industrielles. Surtout, elles peuvent être  replantées d’année en année, contrairement aux semences industrielles  dont les droits de propriétés contraignent l’agriculteur à racheter ses  semences l’année suivante.</p>
<p style="text-align: center;"><strong><em>(Voir le reportage vidéo sur la plateforme de maïs, près de Périgueux, <a href="http://www.bastamag.net/article2750.html">sur le site de Basta!</a>)</em></strong><br />
<span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>Une idée importée du Brésil</strong></h3>
<p>Pour Bertrand Lassaigne, cette plateforme d’expérimentation de  variétés de maïs n’aurait pas connu un tel développement sans un voyage  d’échange au Brésil en 2004. Il en ramène des techniques, mais aussi un  concept, celui des « maisons de semences ». Au Brésil, le terme  « maison » est à prendre au sens propre : les semences sont gardées chez  l’un des membres du groupe. Pour Bertrand, la maison de semences est  davantage un concept. Les variétés sont cultivées, sélectionnées et  multipliées dans les champs des agriculteurs.</p>
<p>Comment tout cela marche ? L’agriculteur emprunte un lot de semences à  la période des semis et s’engage à retourner à la maison de semences  d’Agrobio Périgord un volume supérieur de semences après récolte, ainsi  que des notations de suivi de culture. Un lieu de stockage de semences  existe à proximité de la plateforme d’expérimentation. Mais pour  Bertrand, ce qui fait la richesse de cette « maison », c’est le réseau  d’agriculteurs qui la fait vivre : 300 agriculteurs du grand Ouest de la  France.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>Un kit de semences pour la biodiversité</strong></h3>
<p><em>« Le fondement de la biodiversité, c’est l’échange »</em>, confirme  Ivan José Canci, un agriculteur brésilien venu tout spécialement en  Dordogne pour les Rencontres internationales des maisons de semences,  qui se sont déroulées en septembre dernier [<a id="nh3" title="Les Rencontres Internationales Maisons des Semences Paysannes se sont (...)" rel="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nb3">3</a>].  Ivan José est impliqué dans un travail sur les variétés locales – un  « Kit diversité » – dans l’État de Santa Catarina, au sud du Brésil.  L’enjeu est de rendre autonomes les communautés rurales en production de  semences. Le kit comprend dix variétés de riz, quatre de maïs, deux de  pop corn, deux de pommes de terres, une de pastèque. Chaque famille est  en charge de la production d’une variété « créole » [<a id="nh4" title="Après de longues années de luttes et de mobilisation pour la reconnaissance (...)" rel="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nb4">4</a>] pour le reste de la communauté. Plus de 650 familles sont aujourd’hui impliquées. <em>« Développer nos variétés créoles est une façon de lutter contre le modèle agrochimique »</em>, assure Ivan José.</p>
<p>A ses côtés, Maria Giselda, venue de l’État de Paraíba, à l’Est du  Brésil. Aux yeux de cette agricultrice, les OGM constituent une réelle  menace pour l’autonomie. C’est la raison pour laquelle elle est investie  dans une des 230 banques communautaires de semences que compte l’État  de Paraíba. <em>« Chaque agriculteur est le gardien de sa propre banque et doit faire en sorte qu’elle ne soit pas contaminée par les OGM »</em>,  explique-t-elle. Chacune de ces banques est autogérée par 10 à 20  familles. Les agriculteurs déposent un premier « capital » de semences,  pour pouvoir lancer l’activité de la banque. Les familles qui en ont  besoin en empruntent puis alimentent à leur tour la banque après la  récolte. <em>« C’est en créant ces banques communautaires de semences que le gouvernement Lula a fini par nous soutenir »</em>,  confie Maria. Elle est convaincue que sans la pression de la société  civile, les politiques publiques de soutien à l’agriculture paysanne  n’auraient pas vu le jour au Brésil.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>Gardiennes de semences en Inde</strong></h3>
<p><em>« Tant que la nourriture n’est pas produite au niveau  communautaire, un pays ne peut pas être en situation de sécurité  alimentaire »</em>. C’est le constat dressé par Laxmi, une paysanne du  village d’Humnapur sur le plateau du Deccan, au Sud de l’Inde.  Propriétaire d’un hectare, elle a toujours conservé ses semences pour  les cultures de l’année suivante. <em>« J’ai constaté que les semences  hybrides données par le gouvernement détruisaient la santé des sols et  de l’environnement. Il y a dix ans, nous nous sommes réunies avec les  femmes du village et nous avons décidé d’abandonner les hybrides sur nos  parcelles et de récupérer les semences développées au fil des  générations. »</em> Ensemble, elles deviennent les gardiennes de semences  qu’elles récoltent dans les champs et qu’elles conservent, prêtent,  empruntent et échangent.</p>
<p>Aujourd’hui,  plus de 5 000 femmes, issues de 75 villages de la région, gèrent 55  banques de semences communautaires avec le soutien de l’ONG <a rel="external" href="http://www.ddsindia.com/www/default.asp" target="_blank">Deccan Development Society</a>. 85 variétés sont cultivées sur un millier d’hectares, sans recours aux pesticides chimiques. <em>« Nous ne sommes plus victimes des créanciers, ni des grands agriculteurs auprès desquels il fallait quémander nos semences,</em> se réjouit Laxmi. <em>Désormais, ce sont nos connaissances qui nous nourrissent »</em>.  Ces gardiennes de « semences d’espoir » voient l’avenir avec confiance.  Bien que le Deccan soit une région semi-aride exposée à de graves  sécheresses, elles ont développé des semences adaptées à une grande  variété de conditions climatiques. <em>« Nous sommes heureuses de  partager nos semences, mais si des entreprises de l’agrobusiness  viennent revendiquer un droit de propriété, nous nous battrons contre  elles »</em>, promet Laxmi.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>Faire de l’Afrique une terre nourricière</strong></h3>
<p>C’est justement pour faire face à l’invasion des OGM et à des  réglementations menaçant les semences paysannes que plusieurs  associations et syndicats ont décidé de mettre en place le Comité  ouest-africain des semences paysannes (COASP), en novembre 2011. Pour  son coordinateur au Togo, Jacques Nametougli, il n’y a aucun doute, <em>« les paysans sont en train de s’organiser pour assurer la souveraineté alimentaire en Afrique de l’Ouest comme ailleurs »</em>.  Jacques est originaire de Cinkassé, une ville frontière avec le Burkina  Faso et le Sahel. Là-bas, la monoculture de coton et la rudesse du  climat ont poussé les jeunes à l’exode rural. En 1999, Jacques décide de  quitter son poste de responsable de formation dans un Centre de  développement rural pour s’installer sur des terres en location. <em>« C’était un terrain où rien ne poussait, mais je voulais montrer que nous pouvions en faire une terre nourricière »</em>, témoigne-t-il.</p>
<p>Les premiers résultats sont décourageants. Mais Jacques développe  aujourd’hui du maraîchage et accueille des jeunes pour leur montrer  qu’une agriculture vivrière peut permettre une vie décente en milieu  rural. En une décennie, plus de 600 personnes se forment et s’installent  dans le village de Cinkassé. Jacques ne veut pas en rester là. Il veut  aussi agir contre les produits chimiques qui ruinent économiquement les  agriculteurs. Il se rend dans plus de 50 villages pour les sensibiliser  sur l’autonomie et impulse la création en 2010 de l’Union des  groupements agro-écologistes pour le maintien du patrimoine local  (UGAMPL). Ses membres recherchent, collectent, conservent et valorisent  les variétés locales de céréales. Peu à peu, la dynamique s’oriente  aussi vers la production de semences maraîchères, comme le gombo ou  l’oignon violet de Galmi. Après avoirs recensé plus de 150 variétés dans  la région, Jacques projette la création d’une maison de semences dans  laquelle les intrants chimiques seront bannis.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>Un mouvement mondial</strong></h3>
<p>Ce fort mouvement de retour aux semences paysannes, Antonis Breskas  le constate aussi en Grèce. Membre de l’association Peliti, il participe  avec 220 autres « conservateurs de variétés » à la distribution  gratuite de semences dans tout le pays. Malgré le manque de moyens  financiers, Antonis s’emploie à répondre aux demandes qui se multiplient  avec la crise économique. La solidarité, la réciprocité et les dons  sont au cœur de la démarche de cette association, qui n’attend en retour  aucune rétribution financière. Avec une collection riche de plus de 2  000 variétés, Antonis a entamé l’an dernier avec les autres paysans la  construction d’une maison de semences, qui abritera également les  bureaux de l’association.</p>
<p>Cette dynamique collective d’échange et de production de semences ou de plants s’étend à d’autres pays, comme l’Iran (<a href="http://www.bastamag.net/article2695.html">lire notre entretien</a>),  l’Autriche, la Hongrie ou la Roumanie. Des délégations de quinze pays  sont venues témoigner de leurs expériences à Périgueux en septembre,  pour ne pas laisser la souveraineté alimentaire entre les mains des  sociétés commerciales. <em>« L’idée, c’est d’occuper le territoire,</em> résume Bertrand Lassaigne, le paysan de Dordogne. <em>Plus  il y aura d’agriculteurs qui sèmeront leurs propres semences, plus il y  aura de surfaces semées nécessitant peu d’eau et de produits  phytosanitaires, plus les semences paysannes pourront sortir de la  clandestinité »</em>.</p>
<p>Reste la question de la diffusion des savoirs-faire, balayés par la  « révolution verte ». 99 % des agriculteurs français ne sauraient plus  produire leurs semences, selon l’association Agrobio Périgord. Sur sa  plateforme d’expérimentation, Bertrand Lassaigne et son équipe assurent  être prêts à aider les agriculteurs à cette réappropriation des savoirs  et à la création de nouvelles maisons de semences paysannes. Bretagne,  Pays de Loire, Rhône-Alpes, Aquitaine&#8230; dans toutes les régions de  France, les maisons de semences paysannes, gérées localement par les  paysans et les communautés, se multiplient.</p>
<p><em>Crédit photo : <a rel="external" href="http://www.bio-aquitaine.com/" target="_blank">Bio d’Aquitaine</a></em></p>
<div>
<h4>Notes</h4>
<p>[<a id="nb1" title="Notes 1" rev="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nh1">1</a>] Lire à ce sujet : <a href="http://www.bastamag.net/article2555.html">Les semences et les plantes, propriété exclusive de l’agro-industrie ?</a></p>
<p>[<a id="nb2" title="Notes 2" rev="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nh2">2</a>] Le programme « L’Aquitaine cultive la biodiversité ».</p>
<p>[<a id="nb3" title="Notes 3" rev="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nh3">3</a>]  Les Rencontres Internationales Maisons des Semences Paysannes se sont  déroulées du 27 au 29 septembre 2012 à Boulazac (Dordogne) à  l’initiative du <a rel="external" href="http://www.semencespaysannes.org/">Réseau Semences Paysannes</a>, de <a rel="external" href="http://www.bio-aquitaine.com/">Bio d’Aquitaine</a> et de <a rel="external" href="http://www.bede-asso.org/">l’association BEDE</a>.</p>
<p>[<a id="nb4" title="Notes 4" rev="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2750.html#nh4">4</a>]  Après de longues années de luttes et de mobilisation pour la  reconnaissance des semences paysannes, la loi n°10.711 parue en 2003 au  Brésil reconnaît l’existence des « variétés créoles », comme étant « des  variétés développées, adaptées ou produites par des agriculteurs  familiaux », et « qui ne sont pas substantiellement identiques aux  variétés commerciales ».</p>
</div>
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		<title>Quand l’agroécologie enrichit les femmes des quartiers populaires</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Sep 2012 06:58:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Dans une banlieue populaire au nord de Rio de Janeiro, une coopérative a  bouleversé la vie des habitantes. Des terres en friche sont cultivées  par une vingtaine de familles volontaires. Rotation des cultures,  diversité biologique, compost, économies d’eau, banque de semences,  refus des engrais chimiques et des OGM sont autant de pratiques  désormais partagées. Les femmes à l’initiative du projet ont reconquis  leur autonomie. Reportage vidéo.

Un reportage photos a initialement été publié sur le site d’infos indépendant Basta!
« Respecter les sols, pour nous, c’est très important parce qu’il  faut prendre en compte que c’est de là qu’on tire nos aliments, qui nous  permettent de nourrir nos enfants. » Suelia, une jeune femme de  38 ans, arpente avec fierté sa parcelle, où de très belles salades  voisinent avec des aubergines, du gombo ou encore des pommes de terre.  Elle explique avoir semé quelques ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/membres-univerde_credit-alterechos.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2434" style="margin: 10px;" title="membres univerde_credit alterechos" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/membres-univerde_credit-alterechos-300x148.jpg" alt="" width="300" height="148" /></a>Dans une banlieue populaire au nord de Rio de Janeiro, une coopérative a  bouleversé la vie des habitantes. Des terres en friche sont cultivées  par une vingtaine de familles volontaires. Rotation des cultures,  diversité biologique, compost, économies d’eau, banque de semences,  refus des engrais chimiques et des OGM sont autant de pratiques  désormais partagées. Les femmes à l’initiative du projet ont reconquis  leur autonomie. Reportage vidéo.<br />
</strong></em></p>
<p><em>Un reportage photos a initialement été publié sur le site d’infos indépendant </em><a href="http://www.bastamag.net/article2531.html"><em>Basta!</em></a></p>
<p><em>« Respecter les sols, pour nous, c’est très important parce qu’il  faut prendre en compte que c’est de là qu’on tire nos aliments, qui nous  permettent de nourrir nos enfants. »</em> Suelia, une jeune femme de  38 ans, arpente avec fierté sa parcelle, où de très belles salades  voisinent avec des aubergines, du gombo ou encore des pommes de terre.  Elle explique avoir semé quelques graines de fleurs afin que la terre  puisse se reposer, être humidifiée et attirer plus tard les insectes  pollinisateurs.</p>
<p>Mère de six enfants en bas âge, Suelia a participé à la création de  la coopérative Univerde en 2008, dont l’objectif est d’améliorer les  conditions de vie des familles. <em>« Quand j’ai commencé à cultiver ma  parcelle, mon mari était atteint d’un ulcère. Je suis très  reconnaissante envers la coopérative car, grâce à ses produits, mon mari  a une meilleure alimentation et son état de santé s’est amélioré. »</em></p>
<p><em><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/suelia-univerde_credit-alterechos.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2430" title="suelia univerde_credit alterechos" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/suelia-univerde_credit-alterechos.jpg" alt="" width="500" height="254" /></a><br />
</em></p>
<p>Nous sommes à Nova Iguaçu, une banlieue populaire à 40 km au nord de  Rio de Janeiro. Pendant des années, les ordures ménagères ont recouvert  les terres en friche. Mais, depuis 2008, le paysage a changé laissant la  place à une vaste zone de maraîchage agroécologique. <em>« Ici, on trouve salades, tomates, persil, coriandre, roquette, aubergines, choux, toute la production maraîchère »</em>, lance avec enthousiasme Alzeni, la présidente de la coopérative Univerde.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/alternatives-concretes/quand-l%e2%80%99agroecologie-enrichit-les-femmes-des-quartiers-populaires/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<h3><strong>Production individuelle, ventes collectives</strong></h3>
<p>L’initiative est partie du programme <em>« Faim zéro »</em> impulsé par  le gouvernement Lula. Les terres appartiennent à la compagnie  Transpetro, une filiale de Petrobras, la compagnie pétrolière publique  brésilienne. L’un de ses pipelines longent le quartier populaire, à un  mètre de profondeur. L’entreprise a accepté que ses terres soient  cultivées. Un geste pas totalement philanthropique : dans cette zone  délaissée par les services de l’État, où se côtoient violence et  narcotrafic, la compagnie attend des riverains qu’ils maintiennent les  zones des oléoducs propres et empêchent toute construction d’habitations  sauvages. À raison d’une parcelle de 1 000 m2 par foyer, une vingtaine  de lots ont ainsi été attribués à des familles volontaires de Nova  Iguaçu.</p>
<p>Sur le bord d’une parcelle, des sacs d’engrais sont entassés. <em>« Ce n’est pas chimique, c’est du phosphate naturel de roche</em>, précise d’emblée Alzeni. <em>L’industrie  agroalimentaire veut nous vendre ses produits chimiques. Mais nous  n’avons besoin ni d’engrais chimiques fortement consommateurs en eau, ni  de pesticides, seulement d’un bon compost. »</em> Même si chaque  parcelle dispose d’un puits équipé d’une pompe, les membres de la  coopérative s’emploient à économiser l’eau en protégeant les sols par  une couverture végétale. <em>« Pour éviter que les sols se fatiguent, on pratique également une rotation régulière des cultures »</em>, ajoute Alzeni.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/nova-iguacu_credit-alterechos.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2431" title="nova iguacu_credit alterechos" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/nova-iguacu_credit-alterechos.jpg" alt="" width="500" height="247" /></a></p>
<h3><strong>Autonomie des femmes et projets d’avenir</strong></h3>
<p>Bien qu’elle travaille seule, Laudicéia, une ancienne employée  agricole, fait de tout sur sa parcelle. L’agroécologie implique en effet  une diversité des cultures. En évitant la spécialisation et la  monoculture intensive, les familles s’assurent une diversité de revenus,  indépendants des variations du marché sur tel ou tel produit. Mais si  la production est réalisée sur une base individuelle, tout le reste, y  compris les ventes de produits, se fait collectivement. Les membres de  la coopérative bénéficient de l’appui technique de <a rel="external" href="http://aspta.org.br/" target="_blank">l’AS-PTA</a>, l’association brésilienne pour l’agriculture familiale et agroécologique, soutenue financièrement côté français par le <a rel="external" href="http://ccfd-terresolidaire.org/" target="_blank">CCFD-terre solidaire</a>.</p>
<p>Une fois par mois, une réunion de planification permet d’ajuster la  production à la demande. Des contrats ont été passés avec des marchés  locaux mais aussi avec la municipalité pour les cantines scolaires. <em>« Il  nous faut prendre en compte le temps pour l’achat des semences, pour la  production, ainsi que les soucis familiaux de chacun</em>, relate Alzeni. <em>On redistribue les semences et les plants entre membres de la coopérative disposés à produire durant une période donnée. »</em> Deux tonnes de fruits et de légumes sont récoltées mensuellement de  façon collective. 70 % des produits sont vendus, le reste est destiné à  l’autoconsommation. Une fois les produits vendus, un registre de la  production est mis à jour, où chaque agriculteur doit laisser 5 % de son  résultat pour les dépenses communes.</p>
<h3><strong>« Protéger les sols et la santé de nos enfants »</strong></h3>
<p>Avec l’argent gagné grâce au maraîchage, Joice, associée fondatrice, a  pu construire sa maison pour abriter ses 4 enfants et s’occuper d’eux.  Avant, elle était cuisinière à Rio et ne pouvait voir ses enfants que le  week-end. Suelia met une partie de son revenu de côté afin de pouvoir  envoyer plus tard son fils à l’université. La grande fierté pour Alzeni,  c’est d’avoir contribué avec cette coopérative à l’amélioration de la  vie du quartier. La municipalité a, par exemple, commencé à goudronner  les routes, à créer un réseau d’assainissement et a édifié une crèche  pour les enfants.</p>
<p><em>« Notre travail a débuté par le nettoyage des parcelles, de l’environnement dans lequel nous vivons</em>, explique Alzeni. <em>Et   à partir de là, nos pratiques ont évolué afin de protéger les sols et   la santé de nos enfants. Notre conscientisation s’est accompagnée   d’échanges avec les voisins, qui nous encouragent à poursuivre notre   travail. Ce qui a changé, c’est surtout la vision qu’ont l’ensemble des   habitants de leur propre quartier. »</em> Le regard des femmes sur leur   propre vie a aussi changé. Après avoir reconquis leur autonomie,  chacune  d’elles affiche une grande détermination et une estime  retrouvée.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/joice-univerde_credit-alterechos.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2432" title="joice univerde_credit alterechos" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/joice-univerde_credit-alterechos.jpg" alt="" width="500" height="252" /></a></p>
<h3><strong>80 banques de semences communautaires</strong></h3>
<p>Les projets de la coopérative sont encore nombreux, à l’image de la  serre qui attend encore ses semences et ses plants. Le producteur qui  les livre a pris du retard, ce qui a causé quelques problèmes pour la  commercialisation. <em>« Nous allons dédier une partie de nos parcelles à la sélection et à la multiplication des semences</em>, explique Alzeni. <em>Nous  ne voulons plus dépendre de fournisseurs extérieurs pour nos semis mais  au contraire développer des semences locales adaptées au milieu. »</em> Ce jour-là, les femmes d’Univerde rencontrent Maria, venue de Borborema,  une municipalité de l’État de São Paulo. Le pôle syndical qu’elle  coordonne est impliqué dans un réseau de 80 banques de semences  communautaires auquel participent 2 000 familles. Pour Alzeni, c’est ce  type de rencontres et d’échanges d’expériences qui fait la force de leur  coopérative et de l’agroécologie.</p>
<p>Renforcer les réseaux d’échanges et ces expériences dans l’agroécologie, c’est tout l’enjeu du travail mené par l’AS-PTA. <em>« Nous  n’avons rien inventé, nous avons simplement repéré là où ça existait et  donné une visibilité à une pratique sociale très répandue »</em>,  témoigne Marcio, coordinateur du programme d’agriculture urbaine de  l’association. Selon une étude réalisée par la Fondation de recherches  économiques (Fundação Instituto de Pesquisas Econômicas), l’agriculture familiale générait 27 % du PIB de l’État de Rio Grande do Sul en 2003, contre 23 % pour l’agroalimentaire. <em>« On sait que l’agriculture familiale fournit 70 % de la consommation au Brésil et 75 à 85 % des emplois en milieu rural »</em>,  précise Luciano, de l’AS-PTA. Aujourd’hui, les programmes d’agriculture  urbaine s’étendent dans plusieurs municipalités de l’État de Rio via  les coopératives et les associations de quartier. Autant d’expériences  réelles et concrètes porteuses d’un projet politique transformateur.</p>
<p>Dans la coopérative Univerde, Josyane, 20 ans, se bat pour associer les jeunes à ce projet. <em>« Nous  ne sommes pas que le futur, nous sommes aussi le présent et nous savons  que l’agriculture ne peut pas survivre sans son environnement. Tout est  lié et il nous faut penser ces inter-relations. »</em> Sa mère, Alzeni,  est bien consciente de la difficulté à trouver des gens ayant la  capacité et l’envie de travailler la terre en zone urbaine. <em>« Les gens qui sont partis sont ceux qui n’avaient pas cet amour du travail agricole</em>, explique-t-elle. <em>Pourtant, sans un certain amour de la terre, nous ne serions pas allés aussi loin. </em></p>
<p><em><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/josyane-univerde_credit-alterechos.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2433" title="josyane univerde_credit alterechos" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/josyane-univerde_credit-alterechos.jpg" alt="" width="500" height="249" /></a></em></p>
<p><em>Crédit photos : <a href="http://www.alter-echos.org">Alter-Echos</a></em></p>
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		<title>Gaz et pétrole de schiste : tour d&#8217;horizon d&#8217;une mobilisation citoyenne internationale</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2012 16:39:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
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La France est souvent présentée comme le seul ou l&#8217;un des rares pays ayant interdit ou restreint l&#8217;usage de la fracturation hydraulique. Au risque, est-il affirmé, de faire de la France le seul pays à passer à côté de cette formidable opportunité que représenterait l&#8217;exploitation des gaz et pétrole de schiste. C&#8217;est pourtant faux. Suite à des mobilisations ou interpellations citoyennes, la ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/guaranteed-ff-small.png"><img class="alignleft size-full wp-image-2445" style="margin: 10px;" title="guaranteed-ff-small" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/guaranteed-ff-small.png" alt="" width="100" height="98" /></a>Ce samedi 22 septembre est la première journée internationale d&rsquo;actions coordonnées contre la fracturation hydraulique, les gaz et pétrole de schiste. Pas moins de 150 actions vont avoir lieu sur cinq continents et dans près de vingt pays. En mai 2011, un premier article publié par Alter-Echos (<a href="http://www.alter-echos.org/">www.alter-echos.org</a>) montrait que <a href="http://alter-echos.org/extractivisme-ressources-naturelles/gaz-de-schiste-des-etats-unis-a-l’afrique-du-sud-la-contestation-prend-de-l’ampleur/">la contestation prenait de l&rsquo;ampleur dans plusieurs pays</a>. Toutes ces luttes ont contribué à ce que la fracturation hydraulique soit aujourd&rsquo;hui interdite, ou fasse l&rsquo;objet de moratoires ou restrictions, dans plusieurs centaines de lieux sur la planète. Tour d&rsquo;horizon.</strong></em></p>
<p>&#8212;-</p>
<p>La France est souvent présentée comme le seul ou l&rsquo;un des rares pays ayant interdit ou restreint l&rsquo;usage de la fracturation hydraulique. Au risque, est-il affirmé, de faire de la France le seul pays à passer à côté de cette formidable opportunité que représenterait l&rsquo;exploitation des gaz et pétrole de schiste. C&rsquo;est pourtant faux. Suite à des mobilisations ou interpellations citoyennes, la fracturation hydraulique est aujourd&rsquo;hui interdite, ou fait l&rsquo;objet de moratoires ou restrictions, dans plusieurs centaines de lieux sur la planète.</p>
<p>A commencer par la Bulgarie qui a interdit la fracturation hydraulique dès janvier 2012 suite à des manifestations sans précédent. Le 14 janvier, <a href="http://www.euractiv.com/fr/climat-environnement/manifestations-contre-le-gaz-de-news-510167%20"><strong>des milliers de manifestatants</strong></a> se sont rassemblés dans plusieurs villes bulgares. Dans un pays pourtant fortement dépendant de ses importations de gaz russe, la fracturation hydraulique a été interdite, et le permis délivré à Chevron en juin 2010 dans la région de Dobroudja annulé.</p>
<p><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br/></span></p>
<h3><strong>Le miracle énergétique n&rsquo;a pas eu lieu en Roumanie&#8230;<br />
</strong></h3>
<p>Alors que les gaz de schiste sont souvent présentés comme le miracle énergétique dont auraient besoin les pays de l&rsquo;Est de l&rsquo;Europe pour assurer leur développement économique et réduire leur dépendance énergétique, la Roumanie a également gelé toute activité autour des gaz de schiste. Après une série de manifestations importantes – des <a href="http://frack-off.org.uk/5000-protest-shale-gas-in-romania/"><strong>milliers de manifestants</strong></a> à Barlad le 22 mars 2012 – Chevron a <a href="http://www.euractiv.com/fr/energie/chevron-suspend-lexploration-du-news-511966%20"><strong>annoncé de lui-même</strong></a> suspendre ses activités, sous-estimant sans doute la résistance des populations.</p>
<p>Le nouveau gouvernement, entré en fonction début mai 2012, a confirmé ses engagements de campagne avec un moratoire sur les explorations de gaz de schiste. Malgré une virulente sortie de l&rsquo;ambassadeur des Etats-Unis qui a vivement exprimé son désaccord. En cours jusqu&rsquo;à décembre, le moratoire pourrait être prolongé en fonction des résultats des prochaines élection législatives prévues à l&rsquo;automne.</p>
<br/>
<h3><strong>&#8230; ni en République Tchèque</strong></h3>
<p>Suite à plusieurs pétitions citoyennes, comme <a href="http://stophf.cz/">celle-ci</a>, qui ont réuni plusieurs dizaines de milliers de signataires, et d&rsquo;une résistance juridique et locale, le ministre de l’Environnement tchèque a annoncé le 4 mai 2012 qu&rsquo;il préparait également un moratoire, le temps d&rsquo;introduire un code minier plus restrictif.</p>
<p>Cuadrilla Resources et Basgas Czechia avaient jeté leur dévolu sur trois régions (Berounsko, Valašsko et Trutnovsko) comportant des parcs protégés et des ressources d&rsquo;eau douce conséquentes. Les permis ont depuis été retirés. Si une intense campagne de lobbying pro-gaz de schiste est en cours, les députés et sénateurs ont sur leur table une proposition de loi pour interdire la fracturation hydraulique et le moratoire pourrait être <a href="http://www.argusmedia.com/News/Article?id=812589">confirmé</a> au mois d&rsquo;octobre.</p>
<br/>
<h3><strong>Désillusions en Pologne<br />
</strong></h3>
<p>La Pologne et la Hongrie n&rsquo;en sont pas là. Le gouvernement hongrois a accordé de nombreux permis d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation depuis 2009 tandis que le gouvernement polonais est le plus virulent défenseur des gaz de schiste en Europe. Au point que son ministre polonais des Affaires étrangères, Radoslaw Sikorski, ait put <a href="http://bourse.lefigaro.fr/devises-matieres-premieres/actu-conseils/gaz-de-schiste-retour-en-campagne-167638">ironiser</a> sur le fait que <em>« Total puisse tirer des bénéfices du gaz de schiste en Pologne mais ne soit pas autorisé à le faire en France »</em>. Pourtant la désillusion guette en Pologne. Un rapport officiel de l&rsquo;Institut national de Géologie publié au début de l&rsquo;année 2012, a mis fin aux rêves d&rsquo;un nouvel eldorado énergétique. Les réserves supposées des gisements ont été divisées par trois et les ressources récupérables par plus de 10.</p>
<p>Si le gouvernement entend toujours démarrer l&rsquo;exploitation commerciale à partir de 2014 – il y a aujourd&rsquo;hui une douzaine de sites de forage d&rsquo;exploration et 109 permis accordés – ExxonMobil a <a href="http://www.romandie.com/news/n/_Gaz_de_schiste_ExxonMobil_confirme_l_arret_de_l_exploration_en_Pologne72190620120424.asp?">annoncé</a> au mois de juin l&rsquo;arrêt de ses travaux d&rsquo;exploration, déçu par les promesses entrevues sur ses premiers forages réalisés dans les bassins de Lublin (sud-est) et Podlasie (est). De quoi rasséréner les opposants polonais qui ne s&rsquo;en laissent pas compter. Ils avaient déjà <a href="http://protectingourwaters.wordpress.com/2011/12/05/poland-fracking-opponents-block-shale-gas-world-europe-2011-conference-video/">bloqué une conférence</a> de l&rsquo;industrie gazière à l&rsquo;automne 2011. Depuis, les actions locales se multiplient, tant pour essayer de bloquer les forages comme <a href="http://zamosc.naszemiasto.pl/artykul/1533311,w-zawadzie-wciaz-trwa-protest-zobacz-komentarz-chevronu,id,t.html">en ce moment</a> près de Zamosc et du futur site de forage de Chevron, que pour intervenir sur le plan juridique.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/zawada_2.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2446" title="zawada_2" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/zawada_2-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a></p>
<br/>
<h3><strong>Arrêt de l&rsquo;exploration en Suède et en Autriche</strong></h3>
<p>ExxonMobil n&rsquo;est pas la seule major à avoir stoppé des projets d&rsquo;exploration. <a href="http://blogs.dnv.com/research/2011/05/no-shale-for-shell-in-sweden-at-least/"><strong>Shell en a fait autant</strong></a> dans le Sud de la Suède, sur le shale d&rsquo;Alum, à la fois en raison de résultats mitigés sur trois puits explorés et de la mobilisation locale autour du collectif <a href="http://heavenorshell.se/"><em><strong>Heaven or sHell</strong></em></a>. En Autriche, l&rsquo;entreprise nationale OMV <a href="http://uk.reuters.com/article/2012/09/17/omv-shale-austria-idUKL5E8KHHDG20120917%20"><strong>vient d&rsquo;en faire autant</strong></a> pour des projets situés dans le Nord-Est de l&rsquo;Autriche, dans la région du Weinviertel. Officiellement en raison de l&rsquo;introduction d&rsquo;une nouvelle loi qui rend obligatoire une étude d&rsquo;impact environnemental avant la réalisation de tout projet de forage. OMV en a conclu que « <em>ça ne valait pas la peine </em>».</p>
<p>Sans préciser que les résistances locales avaient suscité plusieurs décisions d&rsquo;interdiction de travaux de la part de communes de la région (Herrnbaumgarten et Poysdorf par exemple) et que le ministre autrichien de l&rsquo;environnement avait lui-même <a href="http://www.bloomberg.com/news/2011-11-24/austrian-environment-minister-opposes-shale-gas-standard-says.html"><strong>déclaré</strong></a> que « <em>le gaz devrait rester dans les roches </em>» et qu&rsquo;il était « <em>absolument contre la production de gaz de schiste </em>» tant « <em>l&rsquo;exemple américain montre que les effets sur l&rsquo;environnement peuvent être désastreux </em>».</p>
<br/>
<h3><strong>L&rsquo;Allemagne craint la contamination des nappes phréatiques</strong></h3>
<p>Dangers que le ministre fédéral allemand de l&rsquo;environnement (BMU), Peter Altmaier, Ministre fédéral de l&rsquo;environnement (BMU) vient de <a href="http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/70974.htm"><strong>reconnaître</strong></a> lors de la présentation d&rsquo;un rapport officiel jugeant les composants chimiques utilisés pour la fracturation hydrauliques comme « <em>dangereux, toxiques et dommageables pour la santé et l&rsquo;environnement </em>», faisant craindre une contamination des nappes d&rsquo;eau potable. Tous les travaux sont actuellement stoppés en Allemagne, la Rhénanie du Nord Westphalie <a href="http://www.naturalgaseurope.com/germanys-shale-gas-potential-threatened"><strong>a adopté un moratoire</strong></a>, et les collectifs citoyens s&rsquo;organisent.</p>
<p>Le premier rassemblement des collectifs allemands contre la fracturation hydraulique et l’exploitation de gaz non conventionnel s’est tenu le 25 juin dernier à Lünne en Basse-Saxe, avec une représentation de l&rsquo;ensemble des collectifs, venus, outre de Basse-Saxe, de Rhénanie-Westphalie, de Hesse, Thuringe et Bavière. Leur <a href="http://www.gegen-gasbohren.de/aktionen-forderungen-und-ziele/luenner-resolution/"><strong>résolution</strong></a> prévoit une nouvelle action lors du prochain congrès européen sur l’exploitation gazière qui se tiendra en Allemagne. Par ailleurs, de nombreuses communes, comme Hagen, essaient de bloquer l&rsquo;acquisition de terrains par les entreprises gazières.</p>
<br/>
<h3><strong>Danemark, Pays-Bas, Espagne, Irlande, Suisse : garanties sans fracking ?</strong></h3>
<p>Ailleurs en Europe, ça bouge également. Un moratoire est maintenu jusqu&rsquo;à fin 2013 au Danemark alors que les Pays-Bas ont décidé de stopper toute activité et tout octroi de nouveau permis, jusqu&rsquo;à ce qu&rsquo;une enquête « <em>indépendante</em> » délivre ses conclusions. En Espagne, des collectifs citoyens se sont créés dans les régions de Burgos, Cantabrie et pays basque, régions concernées par les projets d&rsquo;extraction. Une pétition est en ligne pour <a href="http://www.ecologistasenaccion.org/article23512.html#.UFmLm_VFJAE"><strong>demander l&rsquo;interdiction de la fracturation hydraulique</strong></a>, et de nombreuses manifestations, notamment à <a href="https://www.ecologistasenaccion.org/article24043.html"><strong>Santander et Vitoria</strong></a> le 6 octobre, sont prévues.</p>
<p>Idem en Irlande où les projets d&rsquo;exploration ne laissent pas insensible une population très attachée à la qualité de son eau et de ses paysages. Ce qui suscite une mobilisation imaginative, car outre une <a href="http://www.avaaz.org/en/petition/Ban_Fracking_Ireland/?tta"><strong>pétition</strong></a> et des réunions publiques d&rsquo;information, les citoyens mobilisés ont décidé de créer <a href="http://frackingfreeireland.org/"><strong>un logo</strong></a> « garanti sans fracking » à apposer sur tout ce qui provient des régions où les projets d&rsquo;exploration et d&rsquo;exploitation sont stoppés. En Suisse, les cantons de Fribourg, de Vaud ou encore de Genève ont suspendu les forages et/ou la délivrance de tout permis de recherche, tout en s&rsquo;inquiétant des permis et projets côtés français.</p>
<br/>
<h3><strong>Les secousses sismiques suspendent les projets d&rsquo;extraction du Royaume-Uni</strong></h3>
<p>Quant au Royaume-Uni, si le gouvernement est extrêmement favorable à l&rsquo;extraction d&rsquo;hydrocarbures – l&rsquo;imposition sur les entreprises pétrolières et gazières a été réduite par le nouveau gouvernement et le Premier Ministre David Cameron vient de nommer un ministre de l&rsquo;environnement favorable à l&rsquo;exploitation des gaz de schiste – les travaux sont actuellement bloqués suite à des secousses sismiques causées par la fracturation hydraulique dans la région de Blackpool (Lancashire) menée par Quadrilla Resources.</p>
<p>Par ailleurs, les <a href="http://www.independent.co.uk/environment/green-living/government-backtracks-on-fracking-7768853.html?printService=print%20"><strong>promesses d&rsquo;extraction</strong></a> sont des plus réduites. Les groupes et ONG écologistes, pour certains regroupés dans une <a href="http://www.guardian.co.uk/environment/2012/mar/16/protesters-coalition-against-fracking"><strong>coalition nationale</strong></a>, sont farouchement opposés à toute exploitation, faisant notamment remarquer, sur la base d&rsquo;une <a href="http://www.guardian.co.uk/environment/2011/nov/23/shale-gas-climate-change-targets"><strong>étude</strong></a> de scientifiques du <a href="http://www.tyndall.ac.uk/"><strong>Centre Tyndall de recherche sur le climat</strong></a>, que l&rsquo;exploitation des gaz de schiste ruinerait les objectifs du Royaume-Uni en termes de réduction de gaz à effets de serre et de lutte contre le réchauffement climatique.</p>
<br/>
<h3><strong>Revers en Afrique du Sud et en Argentine</strong></h3>
<p>Bien-entendu, il n&rsquo;y a pas que des bonnes nouvelles pour les anti-gaz de schiste. Ainsi en est-il de la <a href="http://in.reuters.com/article/2012/09/07/safrica-gas-idINL6E8K739020120907"><strong>récente décision</strong></a> du gouvernement d&rsquo;Afrique du Sud de lever le moratoire qui tenait depuis plus d&rsquo;un an. Effectuée sur la base d&rsquo;un rapport rédigé par un groupe « <em>d&rsquo;experts </em>» favorables à l&rsquo;extraction et longtemps resté confidentiel, la levée de ce moratoire n&rsquo;a pas pour autant découragé la contestation. Le <a href="http://www.treasurethekaroo.co.za/"><strong>Treasure Karoo Action Group</strong></a>, qui se bat notamment pour protéger le Karoo, région semi-désertique aux écosystèmes uniques et fragiles, vient de relancer <a href="http://www.avaaz.org/en/petition/Stop_fracking_in_South_Africa/?wiQbDbb"><strong>une pétition contre ces projets</strong></a>.</p>
<p>En Argentine, la décision du gouvernement d&rsquo;exproprier la plus grande compagnie pétrolière du pays (YPF), jusqu&rsquo;ici détenue par la multinationale espagnole Repsol, va de pair avec l&rsquo;objectif de devenir un exportateur net d&rsquo;hydrocarbures non conventionnels. Plusieurs gisements de pétrole et de gaz de schiste sont visés dans le bassin de Neuquen, une région où les communautés locales, notamment indigènes, ont déjà fortement été affectées par l&rsquo;extraction de pétrole et gaz conventionnels. Total détient des <a href="http://www.total.com/en/about-total/news/news-940500.html&amp;idActu=2511"><strong>permis</strong></a> sur place et YPF vient <a href="http://www.romandie.com/news/n/_Gaz_naturel_et_gaz_de_schiste_YPF_et_Gazprom_envisagent_une_cooperation46040920122048.asp?"><strong>d&rsquo;annoncer</strong></a> un rapprochement avec Gazprom pour exploiter ces gaz de schiste.</p>
<br/>
<h3><strong>La contestation grandit en Nouvelle-Zélande et en Australie</strong></h3>
<p>De l&rsquo;autre côté du Globe, <a href="http://www.stuff.co.nz/taranaki-daily-news/news/7345749/Weight-added-to-fracking-moratorium-calls"><strong>de plus en plus de voix</strong></a> s&rsquo;élèvent en Nouvelle-Zélande pour demander un moratoire sur la fracturation hydraulique qui est aujourd&rsquo;hui pratiquée dans les régions de Taranaki et Waikato, suscitant des mobilisations locales. Chez le grand voisin australien, principalement l&rsquo;objet d&rsquo;exploration de <em>gaz de couche</em> (coal-seam gas) qui nécessite l&rsquo;usage de la fracturation hydraulique pour être extrait de manière active, les protestations se multiplient.</p>
<p>Début septembre, ce sont 88 % des 15 000 votants de la ville de Lismore, région des <em>Northern Rivers</em>, qui ont dit « Non » à l&rsquo;exploitation de ce gaz, lors d&rsquo;une <a href="http://www.dailymercury.com.au/story/2012/09/10/emphatic-no-to-coal-seam-gas-voters-lismore/"><strong>enquête scientifique</strong></a>. Pour l&rsquo;organisation <a href="http://lockthegate.org.au/"><strong>Lock the Gate</strong></a>, c&rsquo;est la preuve que cette industrie ne dispose pas de « <em>licence sociale</em> ». Malgré ces résistances (voir cette <a href="http://www.youtube.com/watch?v=o7C4ousqB4E"><strong>vidéo</strong></a>), l&rsquo;entreprise Santos vient d&rsquo;<a href="http://www.romandie.com/news/n/_Santos_va_commercialiser_le_premier_gaz_de_schiste_extrait_en_Australie97170820120933.asp?"><strong>annoncer</strong></a> être en passe de mettre sur le marché la première production commerciale de gaz de schiste extrait en Australie.</p>
<br/>
<h3><strong>Le Québec, vers un moratoire ad vitam aeternam ?</strong></h3>
<p>Une situation ambivalente qui se retrouve en Amérique du Nord. Le nouveau gouvernement du Québec vient <a href="http://affaires.lapresse.ca/economie/quebec/201209/21/01-4576158-gaz-de-schiste-marois-attenue-les-propos-de-sa-ministre.php"><strong>d&rsquo;annoncer</strong></a> « <em>un moratoire complet, tant sur l&rsquo;exploration que sur l&rsquo;exploitation du gaz de schiste </em>». Suite à une mobilisation citoyenne au Québec sans précédent (voir notre <a href="http://alter-echos.org/extractivisme-ressources-naturelles/gaz-de-schiste-des-etats-unis-a-l’afrique-du-sud-la-contestation-prend-de-l’ampleur/"><strong>article</strong></a>), un moratoire était de fait entré en vigueur le temps de la rendue d&rsquo;un rapport d&rsquo;experts, attendu pour Octobre 2013.</p>
<p>Ce groupe d&rsquo;experts avait même évacué toute possibilité de recourir à des expérimentations scientifiques, souhaitant s&rsquo;appuyer sur les données déjà existantes, notamment celles des dix neuf puits déjà fracturés au Québec. Reste à savoir si ce moratoire sur la fracturation hydraulique sera étendu au pétrole, et donc aux projets de l&rsquo;entreprise Junex sur l&rsquo;île d&rsquo;Anticosti, ce qui n&rsquo;est pas encore <a href="http://www.radio-canada.ca/regions/est-quebec/2012/09/17/010-fracturation-hydraulique-junex.shtml"><strong>assuré</strong></a>. Dans le Canada anglais, la Nouvelle-Ecosse a également <a href="http://www.theterranews.com/content/?p=53184"><strong>décrété</strong></a> un moratoire de deux ans.</p>
<br/>
<h3><strong>Les langues se délient aux Etats-Unis</strong></h3>
<p>Une situation qui contraste avec celle des Etats-Unis, où un million de puits ont été forés et deux millions de fracturations hydrauliques réalisées. Pourtant la situation est bien plus contrastée qu&rsquo;on ne l&rsquo;imagine. A ce jour, selon l&rsquo;organisation <a href="http://www.nationofchange.org/global-frackdown-calls-worldwide-ban-hydraulic-fracturing-1348062034"><strong>Food &amp; Water Watch</strong></a>, plus de 270 communes des Etats-Unis ont pris des mesures face à la fracturation hydraulique. Les Etats du New Jersey et de New York ont adopté un moratoire tandis que <a href="http://vtdigger.org/2012/04/13/vermont-senate-committee-passes-ban-on-fracking/"><strong>l&rsquo;Etat du Vermont l&rsquo;a interdite</strong></a>.</p>
<p>Par ailleurs, et ce dans l&rsquo;attente de la publication d&rsquo;ici la fin de l&rsquo;année des premiers résultats d&rsquo;une étude très attendue sur l&rsquo;impact du gaz de schiste sur les eaux souterraines, l&rsquo;Agence de protection de l&rsquo;environnement (EPA) a timidement commencé à encadrer les activités des compagnies gazières, reconnaissant par là-même qu&rsquo;il y avait un problème. Le tout a permis de briser un tabou et de délier les langues. Même l&rsquo;économiste Paul Krugman y est allé de son <a href="https://www.nytimes.com/2012/03/16/opinion/krugman-natural-born-drillers.html?_r=1&amp;hp%20"><strong>édito critique</strong></a>. Considérant que le boom des pétroles et des gaz de schiste aux Etats-Unis était trompeur sur le plan économique, ne créant guère d&rsquo;emplois, se développant au détriment de l&rsquo;environnement et remplissant les poches de quelques gros industriels.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/frackdown_logo_blueorange.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-2447" title="frackdown_logo_blueorange" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/frackdown_logo_blueorange.png" alt="" width="228" height="100" /></a></p>
<br/>
<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } --></p>
<h3><strong>« Il existe un mouvement citoyen mondial contre la fracturation hydraulique »</strong></h3>
<p>Et loin de l&rsquo;apathie généralisée qui peut coller à la peau de l&rsquo;Américain, nombre de groupes locaux et organisations sont aujourd&rsquo;hui mobilisées aux Etats-Unis contre les gaz et pétrole de schiste. S&rsquo;appuyant sur les travaux de Josh Fox (<a href="http://www.gaslandthemovie.com/"><strong>Gasland</strong></a> et <a href="http://www.youtube.com/watch?v=iXL1jpIBskI"><strong>The sky is pink</strong></a>) ou sur leur propre expérience des conséquences locales de l&rsquo;extraction des pétroles et gaz de schiste, ils multiplient les initiatives visant à interpeller l&rsquo;opinion publique et les décideurs. La journée internationale d&rsquo;actions du 22 septembre en est l&rsquo;exemple même. Ce sont <a href="http://action.foodandwaterwatch.org/p/salsa/event/common/public/search.sjs?distributed_event_KEY=682">des dizaines d&rsquo;actions</a> qui vont se dérouler aux quatre coins des Etats-Unis, de la Pennsylvanie à la Californie en passant même par le Texas.</p>
<p>A l&rsquo;image des Etats-Unis, cette journée mondiale d&rsquo;actions n&rsquo;est rien de moins que la mise en évidence qu&rsquo;il existe un mouvement citoyen mondial contre la fracturation hydraulique, contre les gaz et pétrole de schiste. Certes, un mouvement international avec des vides puisque la Chine, l&rsquo;Algérie ou la Tunisie ne seront pas de la partie. Néanmoins les 150 actions prévues dans près de 20 pays (Canada, Etats-Unis, Mexique, Argentine, Afrique du Sud, France, Espagne, Irlande, Royaume-Uni, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, République Tchèque, Bulgarie, Roumanie, Australie&#8230;) illustre le caractère mondial de l&rsquo;opposition à ces projets dévastateurs et, face à l&rsquo;offensive sur le terrain et dans les médias des industries pétrolières et gazières. Une journée pour repousser avec force leur propagande.</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/image-3.jpg"><img class="aligncenter size-medium wp-image-2448" title="image-3" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/09/image-3-214x300.jpg" alt="" width="214" height="300" /></a></p>
<p>Plus d&rsquo;informations sur la Journée mondiale d&rsquo;actions du 22 septembre :</p>
<ul>
<li>à l&rsquo;échelle internationale, <strong><a href="http://www.globalfrackdown.org/">en cliquant ici</a></strong> ;</li>
<li>pour la France, <strong><a href="http://www.france.attac.org/articles/22-septembre-global-frackdown-day-journee-mondiale-contre-les-gaz-et-petrole-de-schiste">en cliquant ci</a></strong> ;</li>
</ul>
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		</item>
		<item>
		<title>Rio+20 : 50 000 personnes manifestent contre l&#8217;économie verte</title>
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		<pubDate>Thu, 21 Jun 2012 04:21:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que la conférence officielle de l&#8217;ONU sur le développement durable, dite Rio+20, s&#8217;ouvrait ce mercredi 20 juin sur la base d&#8217;un projet de déclaration jugé par de nombreuses associations comme inacceptable, les initiateurs du Sommet de peuples organisaient une manifestation massive dans les rues de Rio de Janeiro, qui semble avoir réuni au moins 50 000 personnes. « Pour la justice sociale et écologique, contre la marchandisation de la vie et pour la défense des biens communs ». Retour en images.



Pour aller plus loin sur les enjeux de la conférence officielle et notamment sur le thème de l&#8217;économie verte et de la financiarisation de la nature :

Rio+20 : du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?
Financiarisation de la nature, l’exemple des forêts
L’économie verte, solution magique ou néolibéralisme vert ?

]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/06/manif_alter-echos.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2408" style="margin: 10px;" title="manif_alter-echos" alt="" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/06/manif_alter-echos-300x182.jpg" width="300" height="182" /></a>Alors que la conférence officielle de l&rsquo;ONU sur le développement durable, dite Rio+20, s&rsquo;ouvrait ce mercredi 20 juin sur la base d&rsquo;un projet de déclaration jugé par de nombreuses associations <strong><a href="http://www.france.attac.org/articles/rio20-note-de-decryptage-ndeg2">comme inacceptable</a></strong>, les initiateurs du Sommet de peuples organisaient une manifestation massive dans les rues de Rio de Janeiro, qui semble avoir réuni au moins 50 000 personnes. « <em>Pour la justice sociale et écologique, contre la marchandisation de la vie et pour la défense des biens communs</em> ». Retour en images.</p>
<div id="_mcePaste"><br/></div>
<div><p><a href="http://alter-echos.org/forums-sociaux/rio20-50-000-personnes-manifestent-contre-leconomie-verte/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></div>
<div><br/></div>
<p>Pour aller plus loin sur les enjeux de la conférence officielle et notamment sur le thème de l&rsquo;économie verte et de la financiarisation de la nature :</p>
<ul>
<li><strong><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/rio20-du-developpement-durable-a-leconomie-verte-quels-enjeux-quelle-alternative/">Rio+20 : du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?</a></strong></li>
<li><strong><a href=" http://alter-echos.org/justice-climatique/financiarisation-de-la-nature-lexemple-des-forets/">Financiarisation de la nature, l’exemple des forêts</a></strong></li>
<li><strong><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/leconomie-verte-solution-magique-ou-neoliberalisme-vert/">L’économie verte, solution magique ou néolibéralisme vert ?</a></strong></li>
</ul>
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		<item>
		<title>L&#8217;économie verte, solution magique ou néolibéralisme vert ?</title>
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		<pubDate>Thu, 14 Jun 2012 10:22:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;économie verte est le principal sujet à l&#8217;ordre du jour de la prochaine conférence des Nations-Unies sur le développement durable qui se tiendra à Rio de Janeiro (20-22 juin). Et celui sur lequel les controverses sont les plus fortes. Après avoir publié les vidéos Du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ? et Financiarisation de la nature, l’exemple des forêts, Alter-Echos (www.alter-echos) poursuit son travail d&#8217;explication en publiant une longue interview d&#8217;Egardo Lander, professeur de Sciences sociales à l&#8217;Université centrale du Venezuela qui décrypte notamment le rapport « Vers l&#8217;économie verte » du Programme des Nations-Unies sur l&#8217;Environnement, l&#8217;une des bases intellectuelles et théoriques des négociations autour de Rio+20.
Alter-Echos : Le sujet principal de la conférence des Nations-Unies, dite Rio+20, est l&#8217;économie verte. De quoi s&#8217;agit-il ?
Edgardo Lander : Je pense que le concept d&#8217;économie verte est une nouvelle démonstration de l&#8217;extraordinaire capacité des institutions internationales, ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/06/repeindre-en-vert.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2398" style="margin: 10px;" title="repeindre en vert" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/06/repeindre-en-vert.jpg" alt="" width="153" height="199" /></a>L&rsquo;économie verte est le principal sujet à l&rsquo;ordre du jour de la prochaine conférence des Nations-Unies sur le développement durable qui se tiendra à Rio de Janeiro (20-22 juin). Et celui sur lequel les controverses sont les plus fortes. Après avoir publié les vidéos <strong><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/rio20-du-developpement-durable-a-leconomie-verte-quels-enjeux-quelle-alternative/">Du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?</a></strong> et <strong><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/financiarisation-de-la-nature-lexemple-des-forets/">Financiarisation de la nature, l’exemple des forêts</a></strong>, <strong><a href="http://www.alter-echos">Alter-Echos</a></strong> (<strong><a href="http://www.alter-echos">www.alter-echos</a></strong>) poursuit son travail d&rsquo;explication en publiant une longue interview d&rsquo;Egardo Lander, professeur de Sciences sociales à l&rsquo;Université centrale du Venezuela qui décrypte notamment le rapport « <em>Vers l&rsquo;économie verte</em> » du Programme des Nations-Unies sur l&rsquo;Environnement, l&rsquo;une des bases intellectuelles et théoriques des négociations autour de Rio+20.</p>
<br/>
<h4>Alter-Echos : Le sujet principal de la conférence des Nations-Unies, dite Rio+20, est l&rsquo;économie verte. De quoi s&rsquo;agit-il ?</h4>
<p><strong>Edgardo Lander </strong>: Je pense que le concept d&rsquo;économie verte est une nouvelle démonstration de l&rsquo;extraordinaire capacité des institutions internationales, aussi bien les institutions financières que le système des Nations Unies toujours plus pénétré par cette pensée néo-libérale dominante, de s&rsquo;approprier n&rsquo;importe quel concept qui vient d&rsquo;approches critiques sur la situation dans le monde. Il est alors complètement vidé de quelque contenu critique, pour le convertir en un nouvel instrument de reproduction de l&rsquo;ordre.</p>
<p>Il en fut de même lorsque le développement a été l&rsquo;objet de plus en plus de discussions il y a 20 ans, alors même qu&rsquo;était soulevée la nécessité de trouver une alternative au développement. Il apparait alors tout un dispositif politique et épistémologique extraordinairement puissant, à savoir le développement durable. Et d&rsquo;une certaine manière la notion de développement durable a sauvé l&rsquo;idée de développement et a fait perdurer pendant longtemps la force de l&rsquo;idée de développement. Et je pense que l&rsquo;idée d&rsquo;économie verte joue désormais le même rôle.</p>
<p>Le document qui a servi de base conceptuelle, théorique et politique aux débats autour de Rio+20, est le document publié par le Programme des Nations Unies sur l&rsquo;environnement (PNUE), qui s&rsquo;intitule justement « <em>Vers une économie verte </em>». Il est affirmé que la logique de fonctionnement actuel du système capitaliste est inévitable et qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucune possibilité de la modifier. Au fond, cette approche tend a approfondir la domination du capital financier, avec la complicité du système des Nations Unies, permettant d&rsquo;éviter une mise en cause plus profonde du modèle économique dominant.</p>
<p>Cette économie verte, associée au développement durable, est donc supposée générer plus de croissance, parvenir à plus d&rsquo;emplois, résoudre les problèmes environnementaux, réduire les émissions de gaz à effets de serre. C&rsquo;est une solution magique pour tous les problèmes, mais c&rsquo;est une solution magique qui préserve ce qui est fondamental, à savoir la logique d&rsquo;accumulation capitaliste qui existe aujourd&rsquo;hui.</p>
<br/>
<h4>Sur quels principes reposent cette transition vers l&rsquo;économie verte ?</h4>
<p>Selon le PNUE, une des bases conceptuelles de cette économie verte est le rejet du mythe selon lequel il existerait un dilemme entre progrès économique et soutenabilité environnementale. Avec l&rsquo;économie verte, il ne s&rsquo;agit donc pas de questionner l&rsquo;hypothèse d&rsquo;une croissance économique, ni la notion de progrès, mais de réorienter les investissements et l&rsquo;innovation technologique vers l&rsquo;économie verte. Dans cette perspective, la cause fondamentale de toutes les crises écologiques actuelles est « <em>la mauvaise allocation du capital</em> », principalement due à des « <em>défaillances de marché</em> » qui ont amené à surtout investir dans les activités économiques néfastes pour l&rsquo;avenir de la planète et des populations.</p>
<p>Mais la constatation de ces « <em>défaillances de marché </em>» et les conséquences extrêmement dangereuses pour la vie et la planète qu&rsquo;elles engendrent, n&rsquo;a pas conduit le PNUE à indiquer que c&rsquo;est la conséquence du pouvoir croissant des marchés financiers. Et encore moins le résultat de la soumission croissante de la démocratie, de l&rsquo;égalité, de la solidarité ou de la préservation de la vie à un critère unique, à savoir la maximisation du profit à court terme du capital. Pour le PNUE, c&rsquo;est le fait que des mauvaises informations sont envoyées aux marchés, comme la non-incorporation des coûts des « <em>externalités</em> » et des politiques publiques inadaptées telles que les « <em>subventions perverses et préjudiciables pour l&rsquo;environnement</em> ».</p>
<p>Les solutions consistent donc à modifier les informations dans lesquelles agissent les marchés, et à travers « <em>des incitations basées sur le marché</em> », il serait possible de réorienter le capital vers des investissements et innovations vertes. En ce sens, il s&rsquo;agirait de mobiliser à peine 2 % du PIB de l&rsquo;économie mondiale. Selon le PNUE, « <em>les secteurs de la finance et de l&rsquo;investissement contrôlent des milliards de dollars et sont en mesure de fournir l&rsquo;essentiel du financement nécessaire à la transition verte</em> ». Le rapport précise qu&rsquo;il est nécessaire que les investisseurs perçoivent que ces investissements verts augmentent leur compétitivité. Ainsi, les taux de croissance et taux de profit seraient plus importants avec une économie verte que sans.</p>
<p>Cette approche opère donc à l&rsquo;intérieur même des dogmes du néolibéralisme et des règles de libre-échange, devenu l&rsquo;unique imaginaire existant au sein des institutions et organisations internationales. Selon le PNUE, le futur de la planète dépend donc du fait qu&rsquo;il soit possible de mettre en place des politiques publiques capables de soudoyer les investisseurs en leur garantissant des taux de profit suffisamment élevés pour qu&rsquo;ils se comportent comme de bons citoyens soucieux de la planète.</p>
<br/>
<h4><strong>L&rsquo;économie verte revient-elle simplement à peindre le capitalisme en vert ou bien est-ce une nouvelle phase du capitalisme ?</strong></h4>
<p>Les deux, je pense. Obligatoirement, la dimension discursive, cette espèce de greenwashing du capitalisme est une dimension importante. Il suffit de voir comment c&rsquo;est un thème qui attire l&rsquo;attention du monde entier et que cela devient l&rsquo;objet de propagande des entreprises multinationales et des banques. Aujourd&rsquo;hui, toutes les entreprises pétrolières, énergétiques, toutes les banques sont vertes. L&rsquo;économie verte est donc une construction discursive qui évite de mettre l&rsquo;accent sur la façon dont l&rsquo;économie fonctionne, sur quoi se basent les processus de production et de consommation, puisque cela devient une sorte de mécanisme avec une façade verte qui peut donc continuer plus ou moins de la même manière.</p>
<p>Mais ce n&rsquo;est pas seulement du greenwashing ni la simple construction d&rsquo;un discours hégémonique expliquant que c&rsquo;est la solution et que les multinationales se soucient de l&rsquo;environnement. Ce qui est recherché est aussi une nouvelle période d&rsquo;accumulation, car il s&rsquo;agit de trouver un lieu de réalisation et de valorisation pour cette énorme quantité de ressources financières. Les entreprises classiques, qui d&rsquo;une certaine manière correspondent à la vieille économie et qui cherchent des portes de sortie, en trouvent au sein de ce qui est appelée économie verte. Il s&rsquo;agit par exemple des marchés du carbone, du dispositif REDD et des mécanismes similaires qui sont clairement les nouveaux dispositifs de l&rsquo;économie verte.</p>
<p>Incapables de regarder un peu plus loin que le fondamentalisme néolibéral, ils ne peuvent pas imaginer qu&rsquo;il puisse exister d&rsquo;autres formes de relations entre les êtres humains et leur environnement. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;amplifier la portée des marchés pour qu&rsquo;ils incorporent expressément la nature dans leur logique de valorisation. Ceci suppose le dépassement de tous les obstacles et résistances qui font face à la marchandisation de la nature. Il faut donc commencer par donner un prix à la nature, et ainsi s&rsquo;ouvrent de nouveaux horizons de spéculation et valorisation du capital.</p>
<br/>
<h4>Est-ce que le fait que le sommet Rio+20 se déroule au Brésil est important dans cette perspective ?</h4>
<p>Je pense qu&rsquo;il faut effectivement se demander ce que cherche le Brésil en accueillant cette conférence. Il faut se rendre compte que le Brésil joue aujourd&rsquo;hui un double jeu. D&rsquo;une part envers le continent sud-américain où son pouvoir augmente avec une visée hégémonique s&rsquo;opposant à celle des États-Unis. Mais il faut comprendre également que le Brésil ne se limite pas au continent, mais joue dans la cour des grands. Le Brésil utilise ainsi sa relation avec le continent pour obtenir un siège au conseil de sécurité des Nations-Unies, ou pour être reconnu comme l&rsquo;une des principales économies. Et ce double-jeu est présent en permanence.</p>
<p>A ce titre, il est intéressant de se rendre compte que les principaux conflits liés à l&rsquo;extraction en Amérique Latine, sont liés à la présence du Brésil. Dans le cas de la route du Tipnis en Bolivie, par exemple, Lula a joué un rôle important pour faire pression sur la Bolivie pour obtenir la création de la route, et ce alors que le financement devait venir de la Banque de développement du Brésil, plus importante banque de développement de la planète. Le tout profitant généralement aux entreprises brésiliennes.</p>
<p>Plus généralement, le modèle ayant présidé à la construction des infrastructures routières et de communications en Amérique Latine, fut pensé depuis le Brésil et en fonction du Brésil. Bien plus grave qu&rsquo;un accord international qui peut toujours être revu, la construction d&rsquo;infrastructures en fonction d&rsquo;un modèle productif déterminé est bien plus définitive, plus difficile à modifier. Nous assistons à un processus de refonte du territoire en fonction de l&rsquo;approfondissement de la logique primo-exportatrice extractiviste, le Brésil en étant le centre. Si ce dernier se présente avec une image verte, qui va bien pour Rio+20, cela a peu à voir avec les principaux conflits qui s&rsquo;y déroulent, tels que la construction de l&rsquo;immense barrage Belo Monte, ou qui ont lieu à l&rsquo;extérieur de ses frontières.</p>
<br/>
<h4>Quelles sont les alternatives à l&rsquo;économie verte ? Les droits de la nature ? Quel est le paradigme alternatif ?</h4>
<p>Le paradigme alternatif est un paradigme en construction qu&rsquo;il nous faut imaginer. Il est suffisamment clair que le paradigme dominant ne fonctionne pas. Nous disposons de suffisamment d&rsquo;expériences de modèles de production locaux et régionaux, d&rsquo;expériences. Ce qu&rsquo;il nous manque c&rsquo;est la construction d&rsquo;une alternative politiquement viable qu&rsquo;un gouvernement pourrait mettre en œuvre. Cela ne peut prendre corps qu&rsquo;à travers un long processus de transition. La question est de savoir si cette transition est assez rapide pour être en mesure de répondre à la vitesse avec laquelle le processus de destruction se produit. Je n&rsquo;ai guère de doute sur le fait que nous vivons une crise civilisationnelle et sur l&rsquo;idée que la notion d&rsquo;une croissance continue sur une planète limitée atteint ses limites. Mais nous avons peu de temps.</p>
<br/>
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		<title>Financiarisation de la nature, l&#8217;exemple des forêts</title>
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		<pubDate>Mon, 04 Jun 2012 09:10:32 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Pour beaucoup d&#8217;acteurs de la société civile, &#171;&#160;l&#8217;économie verte&#160;&#187; promue par les institutions internationales, et qui sera à l&#8217;ordre du jour du prochain sommet Rio+20, étend les logiques de financiarisation et de marchandisation à la nature. Après avoir publié une vidéo intitulée Du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?, Alter-Echos (www.alter-echos.org) poursuit son travail d&#8217;explicitation en prenant l&#8217;exemple du dispositif REDD (Réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts).
Développés et mis en œuvre dans le cadre des négociations climatiques, les mécanismes de type REDD sont présentés comme permettant de lutter efficacement contre la déforestation tout en finançant les pays et populations du Sud. Pour Pablo Solon, interviewé dans la vidéo qui suit, les dispositifs REDD réduisent la forêt à un stock de carbone afin de l&#8217;insérer dans les marchés carbone. Spéculation financière, effet d&#8217;aubaine, remise en cause des droits de populations ...]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/06/no-redd.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2365" style="margin: 10px;" title="no redd" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/06/no-redd-300x299.jpg" alt="" width="142" height="141" /></a>Pour beaucoup d&rsquo;acteurs de la société civile, &laquo;&nbsp;<em>l&rsquo;économie verte</em>&nbsp;&raquo; promue par les institutions internationales, et qui sera à l&rsquo;ordre du jour du prochain sommet Rio+20, étend les logiques de financiarisation et de marchandisation à la nature. Après avoir publié une vidéo intitulée <strong><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/rio20-du-developpement-durable-a-leconomie-verte-quels-enjeux-quelle-alternative/">Du développement durable à l’économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?</a></strong>, <a href="http://www.alter-echos.org"><strong>Alter-Echos</strong></a> (<strong><a href="http://www.alter-echos.org">www.alter-echos.org</a></strong>) poursuit son travail d&rsquo;explicitation en prenant l&rsquo;exemple du dispositif REDD (Réduction des émissions liées à la déforestation et la dégradation des forêts).</p>
<p>Développés et mis en œuvre dans le cadre des négociations climatiques, les mécanismes de type REDD sont présentés comme permettant de lutter efficacement contre la déforestation tout en finançant les pays et populations du Sud. Pour Pablo Solon, interviewé dans la vidéo qui suit, les dispositifs REDD réduisent la forêt à un stock de carbone afin de l&rsquo;insérer dans les marchés carbone. Spéculation financière, effet d&rsquo;aubaine, remise en cause des droits de populations locales, perte de souveraineté et absence de réduction des émissions sont quelques-unes des conséquences. Explications :</p>
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<p><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/financiarisation-de-la-nature-lexemple-des-forets/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
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		<title>Rio+20 : du développement durable à l&#8217;économie verte, quels enjeux ? Quelle alternative ?</title>
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		<pubDate>Thu, 24 May 2012 08:56:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice Climatique]]></category>
		<category><![CDATA[alternative]]></category>
		<category><![CDATA[bien-vivre]]></category>
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		<category><![CDATA[société soutenable]]></category>

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Du 20 au 22 juin, Rio de Janeiro (Brésil) accueillera une nouvelle Conférence des Nations-Unies pour un Développement Durable (CNUDD), vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, déjà à Rio. Sujet principal : « l&#8217;économie verte », qui est en passe d&#8217;être promue par les institutions internationales comme la solution aux multiples crises actuelles, comme le fut le développement durable en son temps.
Que signifie passer du développement durable à l&#8217;économie verte ? Que se cache-t-il derrière ce nouveau concept d&#8217;économie verte : la croissance verte ? le capitalisme vert ? autre chose ? Quel bilan faut-il tirer de ces ving dernières années alors que la dégradation écologique s’est accélérée, les inégalités se sont creusées et que les démocraties sont mises à mal ? Quelles perspectives ? Quelles alternatives pour une économie du bien vivre dans un monde soutenable ?
Autant d&#8217;enjeux que la vidéo suivante (16 minutes &#8211; ...]]></description>
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<p>Du 20 au 22 juin, Rio de Janeiro (Brésil) accueillera une nouvelle <strong><a href="http://www.uncsd2012.org/rio20/index.html">Conférence des Nations-Unies pour un Développement Durable (CNUDD)</a></strong>, vingt ans après le Sommet de la Terre de 1992, déjà à Rio. Sujet principal : « l&rsquo;économie verte », qui est en passe d&rsquo;être promue par les institutions internationales comme la solution aux multiples crises actuelles, comme le fut le développement durable en son temps.</p>
<p>Que signifie passer du développement durable à l&rsquo;économie verte ? Que se cache-t-il derrière ce nouveau concept d&rsquo;économie verte : la croissance verte ? le capitalisme vert ? autre chose ? Quel bilan faut-il tirer de ces ving dernières années alors que la dégradation écologique s’est accélérée, les inégalités se sont creusées et que les démocraties sont mises à mal ? Quelles perspectives ? Quelles alternatives pour une économie du bien vivre dans un monde soutenable ?<br />
Autant d&rsquo;enjeux que la vidéo suivante (16 minutes &#8211; sous-titrée en français) aborde à partir d&rsquo;interviews de chercheurs et militants engagés, réalisées ces derniers mois.<br />
<br/></p>
<p><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/rio20-du-developpement-durable-a-leconomie-verte-quels-enjeux-quelle-alternative/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p><br/><br />
Cette vidéo peut-être obtenue en format DVD pour des projections publiques <strong><a href="http://alter-echos.org/nous-contacter/">en nous contactant</a></strong>.</p>
<p>Elle est également disponible intégralement <strong><a href="http://vimeo.com/43595716">sous-titrée en anglais ici</a></strong>.</p>
<p>En parallèle de la conférence officielle, un sommet des peuples, organisé par la société civile brésilienne et les réseaux et organisations internationales, se tiendra du 15 au 23 juin. <strong><a href="http://www.alter-echos.org">Alter-Echos</a></strong> (<strong><a href="http://www.alter-echos.org">www.alter-echos.org</a></strong>) y sera présent. Retrouver toutes les informations sur les sites suivants :</p>
<ul>
<li>site du <strong><a href="http://cupuladospovos.org.br/fr/">Sommet des peuples</a></strong></li>
<li>toutes les <strong><a href="http://climatjustice.org/rio20-enjeux-et-informations/">informations</a></strong> autour des enjeux de Rio</li>
<li>livre d&rsquo;Attac France : <strong><a href="http://www.france.attac.org/livres/la-nature-na-pas-de-prix-les-meprises-de-leconomie-verte">La nature n&rsquo;a pas de prix, les méprises de l&rsquo;économie verte</a></strong>.</li>
</ul>
<p style="text-align: center;"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/05/controle-economie-verte.jpg"><img class="size-medium wp-image-2355 aligncenter" title="controle economie verte" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/05/controle-economie-verte-300x179.jpg" alt="" width="300" height="179" /></a></p>
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