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		<title>Pérou : ces activités minières qui entrainent des dérèglements climatiques locaux</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Feb 2012 17:08:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
				<category><![CDATA[Extractivisme / Ressources naturelles]]></category>
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Alter-Echos : Quelle est la réalité des conflits liés aux industries extractives au Pérou ?
Julia Cuadros Falla : Notre pays vit une période de haute conflictualité sociale. Les conflits sociaux sont à la hausse sur les deux dernières années. Notamment parce ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/el-agua-vale-mas-que-oro.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2306" title="el agua vale mas que oro" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/el-agua-vale-mas-que-oro-238x300.jpg" alt="" width="152" height="189" /></a>Une <strong><a href="http://alter-echos.org/extractivisme-ressources-naturelles/urgence-d%E2%80%99un-changement-civilisationnel-face-a-la-nouvelle-ruee-miniere-mondiale-entretien-avec-william-sacher/">véritable ruée minière</a></strong>, que ce soit pour l’or, l’argent, le cuivre ou des métaux plus rares, est à l’œuvre à l&#8217;échelle mondiale pour satisfaire l&#8217;avidité des marchés mondiaux. A chaque nouveau projet, à chaque fois que des terres sont confisquées pour une nouvelle mine, les droits des populations sont souvent bafoués, les territoires ravagés, les rivières asséchées et les sols pollués, les populations déplacées. Raison pour laquelle Alter-Echos (<strong><a href="http://www.alter-echos.org">www.alter-echos.org</a></strong>) a décidé de publier l&#8217;intégralité de l&#8217;interview réalisée avec Julia Cuadros Falla de l’organisation <strong><a href="http://www.cooperaccion.org.pe/">CooperAcci</a><a href="http://www.cooperaccion.org.pe/">ó</a></strong><strong><a href="http://www.cooperaccion.org.pe/">n</a></strong> lors de la rencontre  <strong><a href="http://minkandina.org/wp-content/uploads/2010/11/Programa-Foro-CAOI1.pdf">Mines, Changement climatique et Buen-Vivir</a></strong> qui s&#8217;était tenue en novembre 2010 à Lima (Pérou). (voir <strong><a href="http://alter-echos.org/extractivisme-ressources-naturelles/mines-et-changement-climatique-en-amerique-latine-un-cocktail-explosif/">notre reportage</a></strong> à cette occasion).</p>
<br/>
<h3><strong>Alter-Echos : Quelle est la réalité des conflits liés aux industries extractives au Pérou ?</strong></h3>
<p><strong>Julia Cuadros Falla :</strong> Notre pays vit une période de haute conflictualité sociale. Les conflits sociaux sont à la hausse sur les deux dernières années. Notamment parce qu&#8217;il n&#8217;y a aucune volonté politique pour résoudre les problèmes de fonds. Entre 50 et 60 % de tous les conflits sociaux relèvent de la défense de l&#8217;environnement. Ce sont des conflits socio-environnementaux. Et environ 80 % de ces conflits socio-environnementaux sont issus de conflits avec des industries extractives, principalement minières, et le reste est lié à l&#8217;extraction d&#8217;hydrocarbures.</p>
<br/>
<h3>A quoi sont dus ces conflits avec les industries extractives ?</h3>
<p><strong></strong>Ces conflits ont des raisons très précises et ils ne sont pas dus, comme il est dit, à l&#8217;intervention d&#8217;institutions ou d&#8217;organisations comme la nôtre qu&#8217;on accuse de généraliser ces conflits. En premier lieu, il faut regarder du côté de l&#8217;extension territoriale des concessions minières qui occupent aujourd&#8217;hui 16 % du territoire. En juin 2010, cela représentait 19,6 millions d&#8217;hectares. Cela ne signifie pas qu&#8217;il y ait de l&#8217;activité minière sur l&#8217;ensemble de ce territoire, mais qu&#8217;il est possible qu&#8217;il y en ait un jour. La plupart des terres concernées appartiennent aux communautés paysannes ou indigènes. Au minimum 50 % de leurs terres sont sous concession minière.</p>
<br/>
<h3>Que font les entreprises minières qui disposent de ces concessions ?</h3>
<p><strong></strong>Ces entreprises arrivent sur les territoires avec un pouvoir économique et politique très important en disant « nous avons une concession, par conséquent, nous avons le soutien de l’État et vous ne pouvez qu&#8217;acquiescer ». Cela implique forcément une tension avec les communautés qui cultivent ou vivent sur ces mêmes terres. L&#8217;expansion des concessions minières porte atteinte aux droits d&#8217;accès à la terre ou à l&#8217;eau, ressources essentielles, viole le droit à l&#8217;autodétermination des populations et plus généralement bafoue tous leurs droits. Les entreprises se comportent bien souvent de manière arrogante, comme si elles étaient toutes-puissantes, en utilisant un double discours : celui de la responsabilité sociale pour l&#8217;étranger, mais des pratiques très souvent discriminatoires et racistes localement.</p>
<br/>
<h3>Vous affirmez que « mines et dérèglements climatiques forment un cocktail explosif », pourquoi ?</h3>
<p>Le Pérou est le troisième pays le plus vulnérable de la planète en termes de conséquences des dérèglements climatiques. Je dis que les activités minières et les dérèglements climatiques forment un cocktail explosif parce que cela va nous rendre encore plus vulnérables que nous ne le sommes déjà.  Nous avons réalisé une étude avec l&#8217;Université Nationale d’Ingénierie. L&#8217;activité minière n&#8217;a que peu d&#8217;effets sur le réchauffement climatique global. De plus, le Pérou y contribue peu à l&#8217;échelle de la planète. Pourtant, en raison des activités minières, nous vivons dans notre pays des dérèglements climatiques locaux qui touchent très fortement la population, notamment paysanne, quand on ne sait plus quand il va pleuvoir ou non, quand il faut semer ou récolter, quand il tombe la grêle alors qu&#8217;elle ne devrait pas tomber. A Cuzco, il pleut maintenant toute l&#8217;année alors que ce ne devrait pas être ainsi. La saison des pluies a toujours été très marquée. Aujourd&#8217;hui, il y a des pluies démentielles pendant la saison des pluies mais il peut également pleuvoir pendant la saison sèche.</p>
<br/>
<h3>Pourriez-vous préciser quels sont les mécanismes de ces dérèglements climatiques locaux ?</h3>
<p>Il y a les dérèglements climatiques globaux qui ont des répercussions locales. Mais il y aussi, en zone minière, des dérèglements climatiques locaux. L&#8217;activité minière, notamment lorsqu&#8217;elle opère à ciel ouvert, a plusieurs types de répercussions. Le premier phénomène est lié au fait que ces activités prennent généralement place aux sommets des montages, des collines. Lorsque le sommet est rasé pour laisser place à la mine, les vents modifient les systèmes nuageux locaux pour les envoyer sur d&#8217;autres zones. Là où il pouvait y avoir un équilibre entre les différents régimes de pluies et de vents, cela change considérablement, produisant des sécheresses dans une zone et des inondations dans une autre. Ce n&#8217;est pas tout. Déplacer des millions de tonnes de roche et de terre du sommet pour les entreposer plus bas, en plus de relâcher du carbone dans l&#8217;atmosphère, peut conduire à produire une montagne artificielle, ou tout du moins, à modifier considérablement une autre zone. Le climat local peut également changer dans cette zone, s&#8217;assécher par exemple, ou bien contribuer également à la modification des vents.</p>
<br/>
<h3>Vous n&#8217;évoquez pas les enjeux sur l&#8217;eau ?</h3>
<p><strong></strong>Si, car à tout cela, il faut rajouter le fait que l&#8217;activité minière requiert d&#8217;immenses quantités d&#8217;eau. Raisons pour laquelle on construit d&#8217;immenses réservoirs et barrages. Non seulement ces barrages vont affecter les bassins versants inférieurs ou supérieurs qui étaient alimentés par de l&#8217;eau captée par les barrages, mais ils transforment les cours d&#8217;eau. Là où le fleuve s&#8217;écoule naturellement, il connaît une flore, une faune et un climat plus ou moins continus. A partir du moment où l&#8217;on construit un barrage, cela implique une zone sèche et une zone humide, inondée, et à mesure que la mine va puiser dans les réserves d&#8217;eau, il y en aura moins pour les autres usages. En plus de devoir être bien souvent déplacées, les communautés locales vont être affectées par ces changements locaux et les pollutions de l&#8217;eau. A ces préjudices locaux se rajoutent les effets globaux avec la fonte de nos glaciers qui raréfient l&#8217;eau potable et modifient la régulation de l&#8217;eau. Pour le paysan dans sa ferme, vivre avec les conséquences locales des activités minières et du changement climatique, c&#8217;est son quotidien. Dès aujourd&#8217;hui.</p>
<br/>
<h3><strong>Quelles mesures préconisez-vous ?</strong></h3>
<p>Des mesures doivent être prises. En premier lieu, il faut définir les régions du Pérou où il peut y avoir des activités minières de celles où il ne peut y en avoir. Aujourd&#8217;hui, il y a bien un registre qui répertorie les zones où il ne peut y avoir de telles activités, mais il n&#8217;est pas actualisé. Il faut qu&#8217;il le soit parce qu&#8217;il n&#8217;est pas possible de continuer à délivrer des concessions ainsi. La législation péruvienne prévoit trois cas empêchant la délivrance d&#8217;une concession : qu&#8217;un permis soit déjà octroyé ; que la zone soit en aire naturelle protégée ; ou qu&#8217;elle soit répertoriée dans le registre. Ce n&#8217;est pas suffisant si ce registre n&#8217;est pas mis à jour. La politique de concession minière doit être revue. Il doit y avoir une réelle politique territoriale, avec des outils efficaces et des dispositifs qui soient réellement respectés et suivis d&#8217;effet. Les évaluation environnementales stratégiques sont des éléments clefs à cet égard. A condition qu&#8217;elles soient établies avant de prendre la décision de délivrer le permis ou pas. Pas après.</p>
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		<title>Quand l’agriculture paysanne arrive au cœur des quartiers populaires</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Feb 2012 07:00:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Terminés les paniers bios réservés aux « bobos ». Dans la ville ouvrière de Saint-Étienne, associations de quartier et paysans travaillent ensemble pour livrer des légumes de saison et des produits sains au plus près des quartiers, tout en créant des emplois. Rencontre avec les membres du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court, et une alternative au « low-cost » de la grande distribution.
Reportage initialement publié sur le site d’infos indépendant Basta!
« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » Georges Günther, et les autres initiateurs du projet De la ferme au quartier, à Saint-Étienne, ont répondu concrètement à cette question. Dans cette ville ouvrière qui a perdu pratiquement 10 % de sa population en 20 ans, les paniers paysans dans le cadre de l’économie sociale et solidaire se développent depuis 2005. Saint-Étienne compte 11 associations ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/delafermeauquartier.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2290" style="margin: 10px;" title="delafermeauquartier" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/delafermeauquartier.jpg" alt="" width="192" height="144" /></a>Terminés les paniers bios réservés aux « bobos ». Dans la ville ouvrière de Saint-Étienne, associations de quartier et paysans travaillent ensemble pour livrer des légumes de saison et des produits sains au plus près des quartiers, tout en créant des emplois. Rencontre avec les membres du projet « de la ferme au quartier », une plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire en circuit court, et une alternative au « low-cost » de la grande distribution.</strong></em></p>
<p><em>Reportage initialement publié sur le site d’infos indépendant <a href="http://www.bastamag.net/article2054.html">Basta</a>!</em></p>
<p><em>« Comment permettre au plus grand nombre, y compris aux personnes aux revenus très faibles et précaires, d’accéder à une alimentation saine ? » </em>Georges Günther, et les autres initiateurs du projet <a rel="external" href="http://www.delafermeauquartier.org/" target="_blank">De la ferme au quartier</a>, à Saint-Étienne, ont répondu concrètement à cette question. Dans cette ville ouvrière qui a perdu pratiquement 10 % de sa population en 20 ans, les paniers paysans dans le cadre de l’économie sociale et solidaire se développent depuis 2005. Saint-Étienne compte 11 associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (<a rel="external" href="http://www.reseau-amap.org/" target="_blank">Amap</a>), dans lesquelles les consommateurs s’engagent à acheter la production des paysans à un prix équitable et en payant par avance. <em>« Le projet De la ferme au quartier est complémentaire des Amap</em>, explique Georges. <em>Il se veut créateur d’emplois et touche un plus large public, y compris les couches populaires. »</em></p>
<p><span style="font-family: verdana, arial, helvetica;"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br/></span></span></span></span></p>
<h3><strong>Miser sur la solidarité entre consommateurs</strong></h3>
<p>« La plateforme », le local où les salariés préparent et assurent les livraisons des paniers, est située dans le Marais, un ancien quartier de l’industrie lourde stéphanoise, aujourd’hui plus connu pour son Technopole ou pour le stade Geoffroy-Guichard. La volonté de créer des emplois est l’une des différences avec les Amap, qui reposent totalement sur l’engagement bénévole de familles directement en lien avec les paysans partenaires. Pour sa mise en place, le projet a notamment bénéficié d’un soutien de la Région Rhône-Alpes, de la chambre régionale de l’économie sociale et solidaire Rhône-Alpes avec le fonds social européen, l’État et la ville de Saint-Étienne qui loue un local.</p>
<p>Lancer une activité viable économiquement et créatrice d’emplois pérennes a évidemment un coût. C’est pourquoi producteurs et consommateurs participent à parts égales aux frais de fonctionnement de la structure. <em>« Nous misons sur la solidarité entre les consommateurs. L’idée est qu’ils participent aux frais de fonctionnement en fonction de leurs revenus »</em>, précise Georges. Le montant de cette participation aux frais varie de 0 à 20 %. Les chèques d’aide alimentaire sont également acceptés. <em>« Notre objectif, c’est de pouvoir proposer à tous les publics de l’agglomération de Saint-Étienne des produits agricoles locaux de qualité, à des prix abordables. »</em> Et cela marche ! Alors que l’heure de la distribution approche, une jeune femme franchit le seuil de la plateforme. Elle précise venir <em>« des caravanes »</em>, installées près du local, et vient se renseigner sur les paniers. Elle souhaiterait s’engager pour un mois avant de poursuivre la route. Le projet touche décidément un autre public.</p>
<p><span style="font-family: verdana, arial, helvetica;"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br/></span></span></span></span></p>
<h3><strong>Education populaire et alimentaire dans les quartiers</strong></h3>
<p>Il est plus de 17 h, et Sylvain, un autre jeune membre de l’équipe, s’active près de la chambre froide dans la préparation des paniers. Mâche, choux de Bruxelles, épinards, poireaux, courges, tout est local, de saison et sans OGM. Alors que Georges commence à regarder nerveusement sa montre, Nasser arrive avec la camionnette. Direction le quartier du Soleil, à l’Association familiale protestante (AFP), dont les bénévoles aideront à la distribution. Parmi eux, il y a Aziz. Pour lui, <em>« le projet fonctionne de mieux en mieux avec des produits de plus en plus variés. Les gens ont compris qu’ils faisaient bosser des agriculteurs du coin »</em>. Enthousiaste, Aziz file dans le local pour la mise en place de la distribution. Nasser poursuit la route jusqu’au centre social l’Arlequin, où une deuxième distribution est assurée ce soir-là.</p>
<p>L’une des spécificités du projet est l’engagement de plusieurs associations de quartier qui mettent à disposition leur local, mènent un travail de sensibilisation, et participent au conseil d’administration. Aux côtés de l’Association départementale pour le développement de l’emploi agricole et rural (Addear), on retrouve des centres sociaux, des amicales laïques, mais aussi le centre Al Qalam-Firdaws, qui développe et diffuse des travaux traitant de la culture musulmane. <em>« On bosse à leurs côtés pour informer sur ce qu’est l’agriculture paysanne, ce qu’implique un travail rémunérateur</em>, explique Georges. <em>L’amicale laïque prend, par exemple, des produits pour son centre de loisirs, où les mômes bouffaient jusque-là n’importe quoi pour le goûter. Ces associations organisent également des conférences débats ou viennent à la plateforme pour faire des ateliers cuisine. »</em> Michel Avril, le directeur de l’AFP, témoigne de ce soutien. <em>« On mène un travail de réinformation en diffusant, entre autres, une plaquette dans les collèges et les écoles primaires. On vise un public du quartier et on s’appuie sur le bouche à oreille pour que l’information circule. »</em></p>
<p><span style="font-family: verdana, arial, helvetica;"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br/></span></span></span></span></p>
<h3><strong>De la viande hallal dans les paniers</strong></h3>
<p>Se démarquer de l’image <em>« bobo »</em> qui colle aux Amap et aux paniers paysans n’est pas simple. <em>« On a globalement un bon retour »</em>, estime Michel Avril. La mise en place du quotient familial soulage les familles les plus modestes. <em>« On insiste sur le fait que c’est un service auquel même les populations en difficulté sociale ont droit. On leur dit de ne pas s’interdire ce genre de démarche, que c’est aussi pour elles. »</em> Tout l’enjeu pour l’AFP est de redonner du sens afin que les gens adhèrent au projet. <em>« Cela passe par une éducation aux saisons : les gens ont perdu ces repères, et on tente de leur faire retrouver ce rythme-là</em>, souligne le directeur de l’association. <em>Et c’est aussi une sensibilisation au développement local, on montre que c’est générateur d’emplois, de débouchés. On les sensibilise aussi aux difficultés que rencontrent les paysans, notamment les aléas climatiques. »</em></p>
<p>Lassaad fait partie des gens du quartier qui ont décidé d’adhérer. Entouré de ses cinq enfants, il dispose de 45 euros par semaine pour la nourriture, qu’il reverse dans les paniers familiaux proposés. <em>« C’est moins cher, c’est meilleur pour les enfants et on aide les agriculteurs, tout le monde est gagnant</em>, explique t-il. <em>Quand on n’achète pas, l’autre ne travaille pas. »</em> Ces paniers offrent la possibilité de budgétiser les courses, ce qui n’est pas négligeable pour les familles aux revenus modestes. Ils permettent aussi une certaine souplesse avec la vente en gros de produits de base une fois par mois dans chaque lieu. La possibilité de viande hallal en circuit court fait aussi son chemin.</p>
<p><span style="font-family: verdana, arial, helvetica;"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br/></span></span></span></span></p>
<h3><strong>Des paysans à la rencontre des cités</strong></h3>
<p>Vivre au rythme des paysans n’est pas toujours simple, mais les mentalités évoluent. <em>« La preuve</em>, remarque Mickaël, <em>les gens viennent désormais avec leur propre cabas, on a passé la première étape avec le problème des emballages. »</em> À chaque distribution, un paysan est présent, et ce soir-là, c’est Mickaël Martel qui répond aux questions des adhérents. Il a participé aux réunions de création du projet. Pour ce producteur de fromages, pas de doute, le public touché n’est pas le même. <em>« On atteint ici une population qui ne viendra pas forcément au magasin de producteurs dans lequel je suis aussi impliqué. S’engager sur six mois à prendre des paniers paysans, ce n’est pas forcément évident mais là, le coût est variable selon le revenu du client. On croit en ce projet, et c’est pour ça qu’on est là. »</em> De la ferme au quartier compte 24 paysans, dont la moitié environ sont labellisés en agriculture biologique (AB), les autres étant en conversion en bio ou en agriculture paysanne. Des visites de ferme se déroulent régulièrement afin de renforcer le lien entre toutes les parties prenantes du projet.</p>
<p><em>« Avec De la ferme au quartier, on aide des paysans à le rester avec des prix rémunérateurs fixés de façon concertée »</em>, assure Georges. Sur le contrôle des pratiques, l’association se place dans une démarche de respect de la <a rel="external" href="http://www.delafermeauquartier.org/FR/data/fichiers/file/charte-agriculture-paysanne.pdf" target="_blank">charte de l’agriculture paysanne</a>. <em>« On discute avec les producteurs, on les met en lien avec d’autres producteurs et consommateurs pour faire évoluer leurs pratiques »</em>, explique Georges. Récemment, un des producteurs a eu des soucis avec ses poules pondeuses et a dirigé l’association vers un autre producteur.<em>« Ce dernier a reconnu qu’il utilisait des aliments avec des OGM, mais il a accepté d’y renoncer pour travailler avec nous. Dans la mesure où il se met aux compléments alimentaires sans OGM pour ses poules, on a décidé de travailler avec lui tout en lui demandant d’améliorer ses parcours alimentaires. »</em> Pour Gérard, refuser de travailler avec ce type de producteur reviendrait à vouloir s’enfermer dans une niche. <em>« Face à un système productiviste délocalisable, nous voulons tirer les pratiques vers les haut. »</em></p>
<p><span style="font-family: verdana, arial, helvetica;"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br/></span></span></span></span></p>
<h3><strong>En route vers la coopérative</strong></h3>
<p>Imaginé fin 2009 au sein du <a rel="external" href="http://www.droits-sociaux.fr/" target="_blank">portail pour l’accès aux droits sociaux</a> [<a id="nh1" title="Les initiateurs se sont aussi inspirés de Solid’Arles, une entreprise sociale (...)" rel="footnote" href="http://www.bastamag.net/article2054.html#nb1">1</a>], De la ferme au quartier réunit pour l’instant 24 paysans et 150 familles de consommateurs. D’ici à 2013, l’objectif est d’atteindre la taille d’une dizaine d’Amap, soit environ 600 familles pour une trentaine de paysans. <em>« L’enjeu, c’est d’augmenter en nombre d’adhérents si l’on veut embaucher</em>, explique Georges.<em>Et pour que les paysans trouvent leur compte financièrement, il faut aussi élargir le nombre de lieux de distribution. »</em> Si certains lieux fonctionnent bien avec une quarantaine d’adhérents, d’autres connaissent des difficultés. Consommateurs, producteurs, militants associatifs s’emploient ces dernières semaines à informer dans les écoles et les entreprises. Les horaires de distribution pourraient aussi s’élargir avec des livraisons débutant à partir de 17 h. &laquo;&nbsp;De la ferme au quartier&nbsp;&raquo; pourrait devenir une coopérative vers la mi-2013 si, comme l’espèrent ses initiateurs, le projet a atteint son équilibre économique.</p>
<p><span style="font-family: verdana, arial, helvetica;"><span style="font-size: x-small;"><span style="font-family: Arial, sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br/></span></span></span></span></p>
<p><em>Pour aller plus loin :</em> <a rel="external" href="http://www.delafermeauquartier.org/" target="_blank">le site de De la ferme au quartier</a>.</p>
<p>Photo : <a rel="external" href="http://www.flickr.com/photos/28633851@N05/4728477835/in/set-72157624346347432/" target="_blank">source</a></p>
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		<title>La pire entreprise de la planète est une entreprise minière brésilienne</title>
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		<pubDate>Fri, 03 Feb 2012 06:10:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
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		<description><![CDATA[
L&#8217;entreprise minière brésilienne Vale vient d&#8217;être désignée comme la pire société de la planète suite à la consultation des Public Eye Awards, connu comme le « Nobel » de la honte pour les entreprises privées. L&#8217;annonce a été faite lors d&#8217;une conférence de presse tenue à Porto Alegre (Brésil), à l&#8217;occasion du Forum Social Thématique « Crise du capitalisme, justice environnementale et justice sociale » qui s&#8217;est déroulé du 24 au 29 janvier. Occasion pour Alter-Echos (www.alter-echos.org) de revenir sur les agissements inacceptables de cette multinationale et de présenter le réseau international des personnes affectées par la Vale.







Remis chaque année au moment du Forum Economique Mondial de Davos, les Public Eye Awards désignent la pire société de la planète suite à un vote des internautes. En compétition avec Barclays, Freeport, Samsung, Syngenta et surtout Tepco, responsable du désastre nucléaire de Fukushima, la Vale l&#8217;a emporté avec plus de 25 000 ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="_mcePaste"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/1797_Novo_Logo_da_Vale_sangue_.jpg"><img class="alignleft size-full wp-image-2228" title="1797_Novo_Logo_da_Vale_sangue_" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/1797_Novo_Logo_da_Vale_sangue_.jpg" alt="" width="330" height="216" /></a><span style="line-height: normal;"></p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">L&#8217;entreprise minière brésilienne <em>Vale</em> vient d&#8217;être désignée comme la pire société de la planète suite à la consultation des <a href="http://www.publiceye.ch/fr/"><span style="color: #1a37ee;"><strong>Public Eye Awards</strong></span></a>, connu comme le « <em>Nobel </em>» de la honte pour les entreprises privées. L&#8217;annonce a été faite lors d&#8217;une conférence de presse tenue à Porto Alegre (Brésil), à l&#8217;occasion du <a href="http://www.fstematico2012.org.br/"><span style="color: #1a37ee;"><strong>Forum Social Thématique « <em>Crise du capitalisme, justice environnementale et justice sociale</em> »</strong></span></a> qui s&#8217;est déroulé du 24 au 29 janvier. Occasion pour Alter-Echos (<a href="http://www.alter-echos.org/"><span style="color: #1a37ee;"><strong>www.alter-echos.org</strong></span></a>) de revenir sur les agissements inacceptables de cette multinationale et de présenter le réseau international des personnes affectées par la <em>Vale</em>.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">
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<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">Remis chaque année au moment du Forum Economique Mondial de Davos, les <a href="http://www.publiceye.ch/fr/"><span style="text-decoration: underline;"><strong>Public Eye Awards</strong></span></a> désignent la pire société de la planète suite à un vote des internautes. En compétition avec <em>Barclays</em>, <em>Freeport</em>, <em>Samsung</em>, <em>Syngenta</em> et surtout <em>Tepco</em>, responsable du désastre nucléaire de Fukushima, la Vale l&#8217;a emporté avec plus de 25 000 votes. Présente dans plus de 38 pays, la <em>Vale</em> est le deuxième plus grand groupe minier et le premier producteur de minerai de fer de la planète. A elle seule, elle émet 4 % de la production totale de CO2 du Brésil et utilise chaque année 1,2 milliards de mètres cubes d’eau, l’utilisation moyenne de 18 millions de personnes.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">
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<h3><strong>La Vale finance le barrage Belo Monte</strong></h3>
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<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/vale-public-eye.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2230" title="vale-public-eye" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/vale-public-eye-300x113.jpg" alt="" width="300" height="113" /></a>Facteur décisif de sa nomination, la <em>Vale</em> est entrée en 2010 dans le consortium Nord Energia SA. Ce consortium est en charge de la construction du très controversé barrage de Belo Monte qui nécessitera le déplacement de 40 000 personnes à travers une planification autoritaire ne tenant pas compte des populations locales. Projet de 17 milliards de dollars, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_de_barrage_de_Belo_Monte"><span style="text-decoration: underline;"><strong>barrage Belo Monte</strong></span></a> provoquerait la dévastation de gigantesques régions de l’écosystème de l’Amazonie : 80 % des cours seraient déviés dans un réservoir artificiel. En produisant de l&#8217;électricité bon marché, ce barrage pourrait faciliter l&#8217;extraction de ressources naturelles dans le bassin amazonien.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">Pour les organisations qui mènent campagne contre la <em>Vale</em>, ce prix met en lumière les agisements inacceptables de la multinationale brésilienne et les conséquences dramatiques de ses activités sur les populations et l&#8217;environnement. « <em>Pour des milliers de personnes au Brésil et dans le monde entier, qui sont déplacés, qui perdent leurs maisons et leurs terres, leurs amis et proches, qui sont menacés, exploités ou licenciés par l&#8217;entreprise, qui souffrent de mauvaises conditions de travail et de rémunération, décerner ce prix à la Vale est l&#8217;occasion d&#8217;exposer aux yeux du monde les souffrances et d&#8217;apporter de nouvelles forces à ceux qui luttent pour leurs droits et contre les excès commis par la société</em> ».</p>
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<h4>
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<h3><strong>Justice sur les rails</strong></h3>
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<p style="margin: 0.0px 0.0px 17.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/trem-da-vale_thumb7.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2232" style="margin: 10px;" title="trem da vale_thumb[7]" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/trem-da-vale_thumb7-300x170.jpg" alt="" width="300" height="170" /></a>La <a href="http://www.justicanostrilhos.org/"><span style="text-decoration: underline;"><strong>campagne « </strong></span><span style="color: #1a37ee;"><strong><em>Justice sur les rails</em></strong></span><span style="text-decoration: underline;"><strong> »</strong></span></a> est née fin 2007. Elle a pour priorité « <em>la protection de l&#8217;environnement et des </em><em>populations menacées par la Vale dans la région amazonienne, en particulier celles situées le long du chemin de fer Carajas</em> ». Cette ligne de chemin de fer a été inaugurée en 1985. Elle est longue de 892 km de long et relie cette province avec le port de Ponta da Madeira à São Luís. Sous concession de la <em>Vale</em>, elle est l&#8217;une des plus productives de la planète. Chaque jour, des trains de 400 wagons et de plusieurs kilomètres de long permettent d&#8217;exfiltrer vers les marchés internationaux des millions de tonnes de minéraux (fer, manganèse, cuivre, bauxite, nickel, étain, or&#8230;), mais aussi du bois et du soja produit dans le sud du Maranhão, Piauí, Para et du Mato Grosso. Transportant pour plus de 30 millions de dollars, chaque train traverse des villes dont les populations survivent avec presque rien.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 17.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;">Le centre d&#8217;exploitation de Carajas dispose d&#8217;immenses réserves de fer et d&#8217;un des plus grand ensembles métallurgiques de la planète. Quatorze usines sidérurgiques s&#8217;y trouvent dans un rayon de moins de 150 kilomètres. Pour accéder à des gisements de charbon en mesure d&#8217;alimenter ces usines (jusqu&#8217;à 300 tonnes de charbon par jour et par usine), de nombreuses forêts natives ont été rasées. L&#8217;électricité bon marché du barrage de Belo Monte pour partie financé par la <em>Vale</em> alimentera donc un complexe industriel appartenant à la <em>Vale</em>. Sous couvert d&#8217;infrastructures modernes, cette ligne de chemin de fer symbolise le pillage des ressources naturelles, la concentration des richesses et des terres, des processus d&#8217;exclusion sociale, la dégradation sans limite des écosystèmes.</p>
<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;"><br/></p>
</h4>
<h3><strong>La Vale, ou le symbole du capitalisme brésilien triomphant</strong></h3>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">La Vale est devenu un des symboles du capitalisme brésilien triomphant. Elle a réalisé plus de 19 milliards de dollars de bénéfice net en 2011. Pour 2012, elle prévoit d&#8217;augmenter de 50 % le dividende versé par action. Par ailleurs, la Vale investit massivement à l&#8217;étranger. En 2006, elle établit le record de la plus chère acquisition jamais faite par une entreprise brésilienne, en achetant la canadienne Inco pour 19,3 milliards de dollars, qui fut pourtant l&#8217;une des plus prospères entreprises minières canadiennes, et plus important producteur de nickel. Le tout avec la bénédiction et le soutien du gouvernement brésilien.</p>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;"><br/></p>
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<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">Si la Vale a été privatisée en 1997, avec son lot de protestations publiques et d&#8217;accusations de corruption, le gouvernement en reste actionnaire et de forts liens se maintiennent. Des représentants de l&#8217;entreprise font ainsi régulièrement partie de la délégation officielle du gouvernement lors des négociations internationales, telle que celles sur le climat. Début 2011, une des premières décisions de la nouvelle présidente, Dilma Roussef, fut d&#8217;installer à la tête de la Vale un nouveau dirigeant, Murilo Pinto de Oliveira Ferreira. Officiellement pour imposer à l&#8217;entreprise d&#8217;accroître ses investissements sur le sol brésilien plutôt que d&#8217;exporter les matières premières à l&#8217;état brut. L&#8217;entreprise dispose d&#8217;ailleurs d&#8217;une certaine immunité puisqu&#8217;elle refuserait toujours de verser les 2,5 milliards de royalties qu&#8217;elle devrait à l&#8217;Etat brésilien. C&#8217;est donc également sous caution gouvernementale que la Vale poursuit son expansion en suivant un modèle capitaliste classique.</p>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">
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<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">Comme beaucoup d&#8217;entreprises minières de par le monde, l&#8217;histoire de la Vale est marquée par des conditions de travail inhumaines, des violations des droits humains, des pollutions de l’environnement ou encore le recours à des milices paramilitaires. En 2009, la rémunération des actionnaires de la Vale (2,75 milliards de dollars) fut supérieure à ce que l&#8217;entreprise a versé à ses employés. Plus de 100 actions judiciaires et 150 enquêtes seraient aujourd&#8217;hui engagés contre l&#8217;entreprise. Jusqu&#8217;ici la Vale s’en est sortie presque sans égratignure hormis quelques amendes.</p>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;"><br/></p>
<h3><strong>Une alliance internationale des affectés par la Vale<br />
</strong></h3>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">Pourtant, partout où la <em>Vale</em> passe sur la planète, des populations se soulèvent. De juillet 2009 à mars 2010, c&#8217;est la mine de<span style="font-family: Georgia,'Times New Roman','Bitstream Charter',Times,serif;"><span style="line-height: 19px;"> </span></span><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/Vale.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2231" title="Vale" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/02/Vale-300x152.jpg" alt="" width="300" height="152" /></a>nickel  de Grand Sudbury en Ontario (Canada), anciennement propriété d&#8217;Inco,  qui a connu une grève dure, la plus longue de son histoire. Générée par <strong><a href="http://blog.mondediplo.net/2010-09-29-Images-de-mineurs-en-lutte">les pratiques sociales de l&#8217;entreprise</a></strong> brésilienne, cette lutte a été une nouvelle occasion d&#8217;internationaliser les résistances contre les pratiques de la <em>Val</em>e.  Débutée au forum social mondial de Belem (janvier 2009), cette mise en  relation internationale s&#8217;est concrétisée en avril 2010 avec la tenue, à  Rio de Janeiro, de la <em>Première Rencontre Internationale des Personnes Affectées</em> par la <em>Vale</em>.  Elle a réuni environ 160 personnes provenant d&#8217;une centaine  d&#8217;organisations et de 13 pays qui ont présenté des cas de conflit avec  la <em>Vale</em> dans divers Etats du Brésil et d&#8217;Argentine, au Canada, Chili, Pérou, Mozambique et Nouvelle-Calédonie.</p>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">
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<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">Rassemblant  des syndicats de travailleurs, des ONG, des réseaux internationaux, des  communautés locales, cette alliance internationale s&#8217;est donné pour  objectif commun de « <em>dénoncer la politique d&#8217;agression et de  prédation de la Vale, de mettre en commun les expériences de lutte et  d&#8217;établir des formes de coopération</em> ». Apporter une réponse globale  aux agissements planétaires d&#8217;une multinationale brésilienne aux  conséquences dévastatrices pour les populations locales.</p>
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">
<p style="margin: 0px; font: 13px Georgia;">Rendez-vous  a déjà été pris pour une deuxième rencontre internationale. Elle aura  lieu en juin prochain, à Rio de Janeiro, quelques jours seulement avant  la <strong><a href="http://climatjustice.org/rio20-enjeux-et-informations/">Conférence Internationale Rio+20</a></strong> dont le sujet principal portera sur l&#8217;économie verte. Pour sûr, les  affectés de la Vale diront haut et fort qu&#8217;ils ne veulent pas de  l&#8217;économie verte qu&#8217;incarne la pire entreprise de la planète (et le  Brésil ?). Et nous non plus.</p>
<h3><span style="font-family: Georgia; font-size: small;"><span style="font-weight: normal; line-height: normal;"></p>
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<h3><span style="font-family: Georgia; font-size: small;"><span style="font-weight: normal; line-height: normal;"> </span></span></h3>
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<p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; line-height: 19.0px; font: 13.0px Georgia;"><span style="font-family: Georgia, 'Times New Roman', 'Bitstream Charter', Times, serif; line-height: 19px;"> </span></p>
<p></strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong><strong> </strong></p>
<h3><span style="font-family: Georgia; font-size: small;"><span style="font-weight: normal; line-height: normal;"><strong></p>
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</div>
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		<title>Gaz de schiste en Afrique du Sud : un moratoire sous haute pression !</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Jan 2012 06:00:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
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A l&#8217;occasion de la conférence internationale sur le climat qui s&#8217;est tenue à Durban en décembre dernier, Alter-Echos (www.alter-echos.org) a interviewé Jonathan Deal, président de l&#8217;association Treasure the Karoo Action group et pourfendeur des gaz de schiste en Afrique du Sud, notamment dans sa région, le Karoo. L&#8217;Afrique du Sud disposerait des cinquièmes réserves mondiales en gaz de schiste, la rendant potentiellement indépendante sur le plan énergétique. Confronté à d&#8217;importantes vagues de protestation, le gouvernement a du s&#8217;engager sur deux moratoires consécutifs.

En quoi l&#8217;Afrique du Sud est-elle concernée par les projets d&#8217;exploitation des gaz de schiste ?
Jonathan Deale : Depuis fin 2009, l&#8217;Agence du Pétrole (Petroleum Agency) a délivré des permis de recherche (Technical cooperation permits) à 5 consortiums internationaux, s&#8217;étendant d&#8217;une côte à l&#8217;autre du pays. De la même manière qu&#8217;aux Etats-Unis, c&#8217;est l&#8217;ensemble du pays qui est donc concerné. Pas la seule région du Karoo. Falcon Oil &#38; ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/>
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<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/Frack-you-Shell.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2203" style="margin: 10px;" title="Frack-you-Shell" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/Frack-you-Shell-300x225.jpg" alt="" width="300" height="225" /></a>A l&#8217;occasion de la conférence internationale sur le climat qui s&#8217;est tenue à Durban en décembre dernier, Alter-Echos (<a href="http://www.alter-echos.org/">www.alter-echos.org</a>) a interviewé Jonathan Deal, président de l&#8217;association <a href="http://treasurethekaroo.co.za/"><em>Treasure the Karoo Action group</em></a> et pourfendeur des gaz de schiste en Afrique du Sud, notamment dans sa région, le Karoo. L&#8217;Afrique du Sud disposerait des cinquièmes réserves mondiales en gaz de schiste, la rendant potentiellement indépendante sur le plan énergétique. Confronté à d&#8217;importantes vagues de protestation, le gouvernement a du s&#8217;engager sur deux moratoires consécutifs.</p>
</div>
<br/>
<h4>En quoi l&#8217;Afrique du Sud est-elle concernée par les projets d&#8217;exploitation des gaz de schiste ?</h4>
<p><strong>Jonathan Deale : </strong>Depuis fin 2009, l&#8217;Agence du Pétrole (<em>Petroleum Agency</em>) a délivré des permis de recherche (<em>Technical cooperation permits</em>) à 5 consortiums internationaux, s&#8217;étendant d&#8217;une côte à l&#8217;autre du pays. De la même manière qu&#8217;aux Etats-Unis, c&#8217;est l&#8217;ensemble du pays qui est donc concerné. Pas la seule région du Karoo. Falcon Oil &amp; Gas dispose d&#8217;un permis de 100 000 km², Shell dispose d&#8217;un permis de 90 000 km², Sasol en alliance avec Statoil et Chesapeake 88 000 km², Bundu &amp; Oil Gas 35 000 km² et enfin le géant minier Anglo American dispose également d&#8217;un permis.</p>
<br/>
<div id="attachment_2204" class="wp-caption aligncenter" style="width: 516px"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/Frk-SouthAfrica-Tenures.jpg"><img class="size-full wp-image-2204  " title="Frk-SouthAfrica-Tenures" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/Frk-SouthAfrica-Tenures.jpg" alt="" width="506" height="411" /></a><p class="wp-caption-text">Permis de recherche accordés en Afrique du Sud</p></div>
<br/>
<h4>Quels sont les risques pour la région du Karoo concernée par bon nombre de permis ?</h4>
<p>Le Karoo est une région semi-désertique très fragile. Il n&#8217;y a pas de forêts et il ne pleut guère, à l&#8217;inverse de la Pennsylvanie par exemple. Au Karoo, quand vous défrichez un terrain, c&#8217;est fini, il est impossible de le réhabiliter en plantant des arbres. Le sol ne se remettra jamais, et les dommages sur la flore et faune locales seront définitifs. Le Karoo est une région où il n&#8217;y a quasiment pas d&#8217;eau de surface. Toute l&#8217;eau qui alimente les villes, villages et activités agricoles est tirée des nappes phréatiques et des aquifères. Or, nous ne savons pas grand chose sur ces eaux souterraines. Sont-elles importantes, profondes ? Ce qui est sûr est qu&#8217;il est impossible de forer sans passer à travers ces nappes. Du coup, nous ne voyons pas comment ils pourraient forer sans les contaminer. Notre survie et notre santé pourraient être compromises par la fracturation et la pollution des eaux.</p>
<br/>
<h4>Du coup, une mobilisation importante pour protéger le Karoo a eu lieu. Quelle est la situation actuelle en Afrique du Sud ?</h4>
<p>Nous avons un moratoire gouvernemental. Aucune activité relative au gaz de schiste n&#8217;est autorisée à l&#8217;heure actuelle. Le moratoire a été décrété par le gouvernement le 21 avril 2011 puis prolongé de six mois le 18 août par la ministre des ressources minières Susan Shabangu. Il est donc valable jusqu&#8217;en février 2012. Pour l&#8217;instant, nous ne savons pas si le moratoire sera étendu au-delà. Le Parlement lui a demandé en avril dernier de mettre en place une mission d&#8217;études visant à déterminer l&#8217;impact de l&#8217;exploitation des gaz de schiste au Karoo. Depuis avril, aucune information sur cette commission n&#8217;a filtré : nous ne savons pas quel est le mandat, quels sont les scientifiques, les ministères et les administrations qui sont impliqués.</p>
<br/>
<h4>Comment avez-vous obtenu ce moratoire ? Quelles sont les étapes suivantes ? Quelles actions menez-vous ?</h4>
<p>C&#8217;est très difficile de mobiliser en profondeur la société sud-africaine. D&#8217;une manière générale, il n&#8217;est pas évident d&#8217;interpeller et impliquer des personnes qui ignorent tout de ces sujets. Mais nous avons néanmoins créé une forte résistance dans le pays. Dans le Karoo, qui est extrêmement vaste, nous avons commencé à en faire autant que possible avec les populations locales. Nous avons réalisé des dessins animés et des bandes dessinées1, pour être diffusées très largement. A l&#8217;aide d&#8217;images très simples, nous essayons d&#8217;expliquer ce qu&#8217;est la fracturation. Des dépliants ont également été imprimés et en mars 2011 nous avons organisé une caravane d&#8217;informations dans différentes villes du Karoo pour faire connaître les risques et obtenir le soutien et l&#8217;engagement de la population. Ce n&#8217;est pas facile. Nous avons du apprendre beaucoup : comprendre les aspects techniques, décrypter les politiques à l&#8217;oeuvre, travailler avec les médias, etc&#8230; En tant que petite organisation, nous avons également du choisir : la voie juridique ou la mobilisation citoyenne. Nous poursuivons la voie juridique.</p>
<br/>
<div id="attachment_2211" class="wp-caption aligncenter" style="width: 490px"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/Paysage-Karoo.jpg"><img class="size-full wp-image-2211  " title="Paysage Karoo" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/Paysage-Karoo.jpg" alt="" width="480" height="328" /></a><p class="wp-caption-text">Paysage typique de la région du Karoo</p></div>
<br/>
<h4>C&#8217;est-à-dire ? Pouvez-vous nous en dire plus sur les recours et initiatives juridiques en cours ?</h4>
<p>En mai et juin dernier, nous avons par exemple juridiquement obligé Shell à nous fournir des informations sur le permis qu&#8217;ils détiennent dans le Karoo. En octobre, mon organisation a également entamé une procédure envers le gouvernement pour obtenir toutes les informations sur la mission d&#8217;études en cours (mandat, composition&#8230;), en nous basant sur la loi pour l&#8217;accès à l&#8217;information. Réponse attendue le 9 janvier. La population sud-africaine a le droit absolu d&#8217;être complètement informée sur les personnes qui vont être amenées à émettre avis et jugements aussi importants. Tout cela les rend très nerveux et hésitants pour prendre une décision définitive sur le gaz de schiste. De notre côté, nous exigeons que le moratoire soit étendu sur les trois prochaines années, au minimum. Et nous sommes prêts à aller jusqu&#8217;à la Cour Constitutionnelle, la plus haute instance de notre pays, pour obtenir raison.</p>
<br/>
<h4>Quels sont les arguments utilisés pour défendre l&#8217;exploitation des gaz de schiste en Afrique du Sud ?</h4>
<p>Comme vous le savez, les compagnies pétrolières et gazières disent aux gouvernements ce qu&#8217;ils veulent entendre. Et ces derniers sont prêts à croire n&#8217;importe quoi quand il s&#8217;agit d&#8217;accroître les revenus ou l&#8217;emploi. Pour nous, il n&#8217;y a pas d&#8217;arguments réellement recevables qui justifierait l&#8217;exploitation des gaz de schiste, ni en Afrique du Sud, ni dans le reste du monde. Ils disent qu&#8217;ils vont créer des emplois et des revenus. Outre que leurs estimations sont exagérées et que nous pensons qu&#8217;il y a d&#8217;autres façons de créer des emplois, ces espoirs sont basés sur le fait que les réserves en Afrique du Sud seraient très importantes. C&#8217;est de la spéculation. Le bureau d&#8217;enquête géologique des Etats-Unis dit que l&#8217;Afrique du Sud dispose des cinquièmes réserves de la planète. L&#8217;agence sud-africaine fait une évaluation 90 fois inférieures. Même aux Etats-Unis, les estimations sont revues à la baisse : &#8211; 80 % pour le shale de Marcellus, alors qu&#8217;ils l&#8217;exploitent et le mesurent depuis des années. Si les estimations ne sont pas juste aux Etats-Unis, pourquoi le seraient-elles en Afrique du Sud ?</p>
<br/>
<h4>Dans un pays qui dépend énormément de son charbon, le gaz de schiste n&#8217;est-il pas présenté comme une énergie propre ?</h4>
<p>Si, Shell dit que le gaz de schiste est une bien meilleure solution que le charbon : l&#8217;exploiter pourrait réduire nos émissions de CO2. Ils ne disent pas qu&#8217;aujourd&#8217;hui des études ont montré qu&#8217;il n&#8217;y a pas de différences fondamentales entre le gaz de schiste et le charbon du point de vue des émissions de CO2. Ils ne mesurent pas toutes les sources d&#8217;émissions de gaz à effets de serre lors des étapes de forage, fracturation, extraction, torchage, transport, raffinage, distribution, etc. Il y a bien d&#8217;autres manières de réduire nos émissions de gaz à effets de serre.</p>
<br/>
<h4>Quelles sont les réactions des entreprises face au moratoire ? Restent-elles les bras croisés ou bien, comme en France, poursuivent-elles une campagne de lobbying auprès des pouvoirs publics ?</h4>
<p>C&#8217;est sensiblement la même chose en Afrique du Sud. Shell a investi une grande quantité d&#8217;argent et ils essaient de faire en sorte que le moratoire ne soit pas étendu. Mais il est très intéressant de voir que Sasol, grande entreprise minière et pétrochimique sud-africaine, a décidé de ne pas demander la prolongation de son permis d&#8217;exploration dans le Karoo le 17 octobre dernier. Leur décision est sans doute basée sur le fait que le coût d&#8217;extraction du gaz de schiste reste supérieur à celui du gaz conventionnel. Comme il existe de grands réservoirs de gaz au large de la côte du Mozambique et de la côte Ouest d&#8217;Afrique du Sud, Sasol a du juger qu&#8217;il n&#8217;était pas économiquement rentable de s&#8217;engager dans le gaz de schiste. Mais je pense également qu&#8217;une part importante de leur décision tient au fait qu&#8217;ils ne souhaitent pas être l&#8217;objet de critiques et d&#8217;une mauvaise presse. Disposant d&#8217;une très grande connaissance des conditions locales, Sasol, en se retirant, met une énorme pression sur Shell. Et je pense que Shell n&#8217;est pas au bout de ses surprises dans ce pays.</p>
<br/>
<h4>Dernière question, des projets d&#8217;exploitation de gaz de schiste existent maintenant un peu partout sur la planète. Que pensez-vous qu&#8217;ils fassent faire ?</h4>
<p>Je suis très heureux que vous me posiez cette question car nous prévoyons de nous unir et nous mobiliser avec d&#8217;autres organisations et personnes dans le monde. Au regard des conséquences environnementales, le gaz de schiste n&#8217;est ni nécessaire, ni soutenable. Par exemple, nous allons nous rapprocher d&#8217;organisations nord-américaines en faisant en sorte que je devienne membre du Conseil d&#8217;administration de l&#8217;une d&#8217;entre elles, et inversement.</p>
<br/>
<p><strong><em>Propos recueillis par Alter-Echos</em></strong> (<strong><a href="http://www.alter-echos.org">www.alter-echos.org</a></strong>)</p>
<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/m_110324tt.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-2205" title="m_110324tt" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2012/01/m_110324tt.jpg" alt="" width="500" height="375" /></a></p>
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		<title>Recyclage local contre multinationales : la guerre des déchets aura-t-elle lieu ?</title>
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		<pubDate>Fri, 09 Dec 2011 15:03:45 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
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		<description><![CDATA[3 à 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont liées au  secteur des déchets. Le travail mené par les récupérateurs et recycleurs  contribue à réduire ces émissions. Pourtant, ce ne sont pas les  communautés locales qui bénéficient de financements internationaux  estampillés « climat », mais les grandes entreprises d’incinération et  d’enfouissement de déchets. Des travailleurs d’Asie, d’Afrique et  d’Amérique latine sont venus à Durban, faire entendre leur voix lors de  la Conférence sur le climat. Article initialement publié sur le site d&#8217;infos indépendant Basta!
Il a quitté les montagnes de cartons, les océans de plastique et les  épaves de métal, pour traverser une bonne partie de l’Afrique. Venu de  Dakar, Aliou Faye s’est rendu à Durban (Afrique du Sud) pour représenter  les récupérateurs de déchets. Originaire du Sénégal, Aliou travaille  depuis l’âge de 16 ans dans la décharge ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/>
<p><strong><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/12/wastepicker3.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2170" style="margin: 10px;" title="wastepicker3" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/12/wastepicker3-300x196.jpg" alt="" width="263" height="171" /></a>3 à 5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre sont liées au  secteur des déchets. Le travail mené par les récupérateurs et recycleurs  contribue à réduire ces émissions. Pourtant, ce ne sont pas les  communautés locales qui bénéficient de financements internationaux  estampillés « climat », mais les grandes entreprises d’incinération et  d’enfouissement de déchets. Des travailleurs d’Asie, d’Afrique et  d’Amérique latine sont venus à Durban, faire entendre leur voix lors de  la Conférence sur le climat. <a href="http://www.bastamag.net/article1975.html"><em>Article initialement publié sur le site d&#8217;infos indépendant Basta!</em></a></strong></p>
<br/>
<p>Il a quitté les montagnes de cartons, les océans de plastique et les  épaves de métal, pour traverser une bonne partie de l’Afrique. <a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/12/wastepicker2.jpg"><img class="alignright size-medium wp-image-2169" title="wastepicker2" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/12/wastepicker2-235x300.jpg" alt="" width="235" height="300" /></a>Venu de  Dakar, Aliou Faye s’est rendu à Durban (Afrique du Sud) pour représenter  les récupérateurs de déchets. Originaire du Sénégal, Aliou travaille  depuis l’âge de 16 ans dans la décharge géante de Mbeubeuss, qui reçoit  les déchets de la capitale sénégalaise. Il est aujourd’hui responsable  de l’association Book-Diom qui regroupe 1 500 récupérateurs et  recycleurs opérant dans la décharge. <em>« S’organiser est fondamental »</em>,  explique-t-il. Face aux risques de maladies auxquels ces travailleurs  sont exposés, la première action de leur association a été de construire  un dispensaire et un centre de santé, grâce au soutien du Programme des  Nations Unies pour le développement (Pnud). Ils ont aussi fait en sorte  que les gamins n’aillent plus trimer sur les montagnes des déchets. Des  initiatives ignorées par le gouvernement sénégalais, qui, sans  concertation, a décidé de fermer la décharge et de déloger les  travailleurs, officiellement pour des raisons sanitaires et  environnementales.</p>
<p><em>« C’est surtout un projet d’autoroute à péage passant sur la décharge qui les fait nous mettre dehors »</em>,  explique Aliou. La solution préconisée par le gouvernement ?  L’ouverture d’un centre d’enfouissement technique sur un autre terrain, à  Sindia. Mais ce nouveau centre n’emploierait que 350 personnes sur les 1  500 travaillant actuellement à la décharge. Ceux-ci n’ont pas été  associés à la réflexion. « <em>Alors que les récupérateurs sont les premiers soldats de l’environnement. On nous doit un minimum de respect »</em>, s’indigne Aliou (lire aussi <a href="http://www.bastamag.net/article1942.html">cet article</a>). À Sindia, les habitants se mobilisent contre le projet, craignant une pollution de leur eau et de leur environnement.</p>
<br/>
<h3><strong>La finance préfère l’incinération au biogaz</strong></h3>
<p>Ce centre d’enfouissement est aussi une affaire de gros sous. Sa  construction a été confiée à deux sociétés italiennes, via leur filiale  sénégalaise, Gta environnement. Son coût : environ 8 milliards de francs  Cfa (12 millions d’euros). Le projet bénéficie de financements liés à  la lutte contre le changement climatique : les « Mécanismes de  Développement Propre » (MDP), dont l’objectif est d’aider les pays  riches à limiter leurs émissions de CO2 en finançant des projets à  moindre coût dans les pays du Sud. La gestion des déchets représente  entre 3 et 5 % des émissions globales de gaz à effet de serre, soit par  le gaz carbonique dégagé par leur combustion, soit par le méthane émis  lors de la décomposition des matières organiques jetées à la poubelle.</p>
<p>Les pays pauvres sont ainsi encouragés à industrialiser le traitement  de leurs déchets, en installant des incinérateurs ou des décharges.  Mais cela engendre souvent un coût social, environnemental et économique  insupportable. <em>« Ces sociétés enfouissent ou brûlent les déchets organiques alors que nous pouvons faire du compost et du biogaz</em>, témoigne Aliou. <em>Notre  travail de recyclage et de récupération est aujourd’hui le moyen le  plus efficace de réduire les émissions de gaz à effet de serre dans le  secteur des déchets »</em>. Des études montrent que le recyclage réduit <a rel="external" href="http://www.globalrec.org/wp-content/uploads/2011/11/statement-durban_3c-web.pdf" target="_blank">25 fois plus</a> les émissions (de méthane notamment) que l’incinération. Pourtant les  incinérateurs bénéficient de financements estampillés « MDP ». Alors  qu’ils ne sont ni propres, ni créateurs d’emplois.</p>
<br/>
<h3><strong>15 millions de personnes vivent du recyclage</strong></h3>
<p>Ces projets d’incinération et d’enfouissement entrent en concurrence  directe avec les recycleurs de déchets. Les incinérateurs dépendent de  déchets secs qui brûlent bien – papier, plastique et carton – afin  d’entretenir la combustion. Or ce sont précisément ces matières que  récupèrent les recycleurs et qui assurent leur revenu. Ils sont quinze  millions dans le monde à vivre de la collecte, du tri et du recyclage  des déchets. <em>« Nous protégeons l’environnement ! Mais personne ne respecte ni ne reconnaît notre travail »</em>, déplore Aliou. <em>« Réduire, réutiliser, recycler »</em>, tel est leur mot d’ordre.</p>
<p>L’<a rel="external" href="http://www.globalrec.org/" target="_blank">Alliance mondiale des récupérateurs</a> demande que le <a href="http://www.bastamag.net/article1354.html" target="_blank">Fonds vert</a> pour le climat, créé il y a un an à Cancún, soit directement accessible  aux récupérateurs et recycleurs de déchets. Et pas seulement réservé  aux multinationales. <em>« Mais les conditions de travail doivent être améliorées et on a besoin de soutiens financiers pour cela »</em>,  reconnaît Aliou. Une priorité quand on connaît les déplorables  conditions sociales et sanitaires auxquels sont confrontés les  travailleurs des décharges. S’ils bénéficient du Fonds, ces travailleurs  assurent que cela <em>« renforcera l’économie locale, créera des jobs verts et améliorera les conditions de vie de millions de travailleurs »</em>.  Ils souhaitent être intégrés dans le système de gestion municipale des  déchets, et ne plus être considérés comme hors-la-loi. Qu’ils  bénéficient aux multinationales ou aux communautés locales, le Fonds  vert pour le climat n’est de toute façon pas encore opérationnel. Sur  les 100 milliards de dollars de dotation prévue, pas un centime n’a  encore été versé.</p>
<p style="text-align: left;"><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/12/wastepicker5.jpg"><img class="size-full wp-image-2172 aligncenter" title="wastepicker5" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/12/wastepicker5.jpg" alt="" width="513" height="341" /></a>Photos : Alter-Echos</p>
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		<title>Contre l&#8217;apartheid climatique : 10 000 manifestants en Afrique du Sud</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 16:21:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
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		<description><![CDATA[De Durban à Mexico en passant par Biarritz, ce samedi 3 décembre, c&#8217;était journée d&#8217;Action globale pour le climat. Sans doute plus de 10 000 manifestants se sont massés dans les rues de Durban. Direction le centre de Conférence de l&#8217;ONU où se tiennent les négociations. Bloqué par la police, le cortège s&#8217;est arrêté pour interpeller vertement négociateurs et représentants des pays de la planète. Zwelinzima Vavi secrétaire exécutif de la Cosatu – centrale des syndicats sud-africains –, Nnimmo Bassey pour les luttes pour la justice climatique en Afrique, Tom Goldtooth pour les organisations indigènes, Aluwani Nemukula pour les jeunes, Constance Mogale pour les organisations des femmes et Bishop Davies pour les organisations confessionnelles ont pris la parole devant la secrétaire exécutive des négociations climat de l&#8217;ONU, Christiana Figueres, et la sud-africaine qui préside la COP-17, Maite Nkoana-Mashabane, venues en personne prendre note des revendications citoyennes.

« Pour la justice climatique ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/>
<p>De Durban à <strong><a href="http://ocupemoslabolsa.org/2011/11/accion-global-ante-el-agravamiento-del-desastre-climatico/">Mexico</a></strong> en passant par <strong><a href="http://www.bizimugi.eu/?p=4101">Biarritz</a></strong>, ce samedi 3 décembre, c&#8217;était journée d&#8217;Action globale pour le climat. Sans doute plus de 10 000 manifestants se sont massés dans les rues de Durban. Direction le centre de Conférence de l&#8217;ONU où se tiennent les négociations. Bloqué par la police, le cortège s&#8217;est arrêté pour interpeller vertement négociateurs et représentants des pays de la planète. Zwelinzima Vavi secrétaire exécutif de la Cosatu – centrale des syndicats sud-africains –, Nnimmo Bassey pour les luttes pour la justice climatique en Afrique, Tom Goldtooth pour les organisations indigènes, Aluwani Nemukula pour les jeunes, Constance Mogale pour les organisations des femmes et Bishop Davies pour les organisations confessionnelles ont pris la parole devant la secrétaire exécutive des négociations climat de l&#8217;ONU, Christiana Figueres, et la sud-africaine qui préside la COP-17, Maite Nkoana-Mashabane, venues en personne prendre note des revendications citoyennes.</p>
<br/>
<p style="text-align: center;">
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				</div>
				
</p>
<p><br/><br />
« <em>Pour la justice climatique</em> » était le slogan le plus communément partagé, sous une forme ou une autre. Se désolant de l&#8217;inertie des négociations, les exigences citoyennes devraient ramener les négociateurs aux fondamentaux : obtenir des engagements véritablement contraignants et suffisants de réduction d&#8217;émissions de gaz à effets de serre et arrêter de laisser les lobbies économiques dicter la marche à suivre. Par leurs chants, leurs danses et leurs slogans – notamment Amandla le cri de ralliement des opposants à l&#8217;apartheid – paysans, travailleurs des déchets, syndicalistes, femmes, jeunes, ont fait de cette manifestation une manifestation populaire, déterminées et dynamique. Contrastant avec l&#8217;atonie, l&#8217;inertie et l&#8217;entre-soi des négociations officielles.</p>
<p>Bien plus largement, ce sont les politiques énergétiques qui étaient au coeur des cortèges : rejet du nucléaire pour la Cosatu, slogans contre les «<em> énergies sales</em> » ou « <em>pour les énergies renouvelables</em> » ici et là, dénonciation des coupures de courant et d&#8217;un inégal accès à l&#8217;électricité en Afrique du Sud, revendications pour laisser le pétrole dans le sol, etc&#8230; A Durban, les politiques énergétiques et la nécessaire transition énergétique sont peut-être en train de prendre le pas sur la technicité des négociations climat. Au moins du côté de la société civile.</p>
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		<item>
		<title>Durban : pas de Banque mondiale dans les financements pour le climat !</title>
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		<pubDate>Fri, 02 Dec 2011 14:14:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice Climatique]]></category>
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		<description><![CDATA[
Présenté comme un véritable succès lors de la conférence de Cancun, le fonds Vert pour le Climat n&#8217;existe toujours pas, un an plus tard. Sans règles de fonctionnement, sans représentants et sans financements, ce fonds vert est à ce jour un mirage. Dans les négociations, du côté des sources de financement, primauté est donnée aux marchés, notamment du carbone et plus largement au secteur financier. Sur le versant utilisation, il est prévu que le secteur privé bénéficie d&#8217;un accès direct à ces fonds pour mener des projets dans les pays « vulnérables ». Donnant par ailleurs un rôle majeur à la Banque Mondiale, ce fonds, en plus d&#8217;être inopérant, est aujourd&#8217;hui largement décrié.
Ce jeudi 1er décembre, de nombreuses organisations ont organisé une action devant le centre de conférence de négociations de l&#8217;ONU à Durban pour rappeler ces quelques évidences et faire entendre leurs exigences. Parmi elles, la nécessité d&#8217;obtenir des ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;"><br/></p>
<p>Présenté comme un véritable succès lors de la <strong><a href="http://www.bastamag.net/article1354.html">conférence de Cancun</a></strong>, le fonds Vert pour le Climat n&#8217;existe toujours pas, un an plus tard. Sans règles de fonctionnement, sans représentants et sans financements, ce fonds vert est à ce jour un mirage. Dans les négociations, du côté des sources de financement, primauté est donnée aux marchés, notamment du carbone et plus largement au secteur financier. Sur le versant utilisation, il est prévu que le secteur privé bénéficie d&#8217;un accès direct à ces fonds pour mener des projets dans les pays « vulnérables ». Donnant par ailleurs un rôle majeur à la Banque Mondiale, ce fonds, en plus d&#8217;être inopérant, est aujourd&#8217;hui largement décrié.</p>
<p>Ce jeudi 1er décembre, de nombreuses organisations ont organisé une action devant le centre de conférence de négociations de l&#8217;ONU à Durban pour rappeler ces quelques évidences et faire entendre leurs exigences. Parmi elles, la nécessité d&#8217;obtenir des financements prévisibles, additionnels et publics. Dans l&#8217;esprit de ces organisations engagées pour la justice climatique, l&#8217;utilisation de ces fonds « devrait être définie par les pays en voie de développement, sur la base de processus de planifications participatives et souveraines » et non par une administration internationale ou en fonction d&#8217;intérêts privés. Pour que les négociations climat ne soient pas définitivement une <a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/climat-durban-une-nouvelle-%c2%ab%c2%a0conference-des-pollueurs%c2%a0%c2%bb/"><strong>Conférence des Pollueurs</strong></a>.</p>
<br/>
<p><strong>Retour en images :</strong></p>
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				</div>
				
</p>
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		<title>A la veille de Durban, bilan et perspectives des négociations climat par Pablo Solon</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Nov 2011 06:36:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice Climatique]]></category>
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		<description><![CDATA[
A la veille de la prochaine Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP-17) qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre 2011 à Durban (Afrique du Sud), l&#8217;association Alter-Echos (www.alter-echos.org) poursuit son travail d&#8217;information sur les enjeux climatiques. Après l&#8217;interview de Patrick Bond, Durban, une nouvelle « conférence des pollueurs » ?, voici la traduction d&#8217;un article de Pablo Solon, ancien négociateur en chef sur le changement climatique et Ambassadeur aux Nations-Unies de la Bolivie.
Un an après Cancún et à quelques jours de Durban : Plus 4 ° C.
Bilan et perspectives des négociations sur le climat
par Pablo Solon

Cela fait presque un an que les résultats des négociations sur le climat à Cancún ont été imposés malgré les objections de la Bolivie. Il est temps de faire le point et de voir où nous en sommes.
A Cancún, les pays développés ont fait la liste de leurs engagements de réduction d&#8217;émissions de gaz ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P.sdfootnote { margin-left: 0.5cm; text-indent: -0.5cm; margin-bottom: 0cm; font-size: 10pt } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { so-language: zxx } 		A.sdfootnoteanc { font-size: 57% } --><br/></p>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/11/climate-justice-now.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2097" style="margin: 10px;" title="climate justice now" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/11/climate-justice-now-300x199.jpg" alt="" width="268" height="177" /></a>A la veille de la prochaine Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP-17) qui se tiendra du 28 novembre au 9 décembre 2011 à Durban (Afrique du Sud), l&#8217;association <strong><a href="http://www.alter-echos.org/">Alter-Echos</a></strong> (<strong><a href="http://www.alter-echos.org/">www.alter-echos.org</a></strong>) poursuit son travail d&#8217;information sur les enjeux climatiques. Après l&#8217;interview de Patrick Bond, <a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/climat-durban-une-nouvelle-%c2%ab%c2%a0conference-des-pollueurs%c2%a0%c2%bb/"><em>Durban, une nouvelle « conférence des pollueurs » ?</em></a>, voici la traduction d&#8217;un article de Pablo Solon, ancien négociateur en chef sur le changement climatique et Ambassadeur aux Nations-Unies de la Bolivie.</p>
<br/>
<h3 style="text-align: center;"><strong>Un an après Cancún et à quelques jours de Durban : Plus 4 ° C.</strong></h3>
<h3 style="text-align: center;" lang="fr-FR"><strong>Bilan et perspectives des négociations sur le climat</strong></h3>
<h3 style="text-align: center;"><em>par </em><em><strong>Pablo Solon</strong></em></h3>
<p lang="fr-FR"><br/></p>
<p lang="fr-FR">Cela fait presque un an que les résultats des négociations sur le climat à Cancún ont été imposés malgré les objections de la Bolivie. Il est temps de faire le point et de voir où nous en sommes.</p>
<p>A Cancún, les pays développés ont fait la liste de leurs engagements de réduction d&#8217;émissions de gaz à effets de serre pour la période 2012-2020. Les États-Unis et Canada ont annoncé qu&#8217;ils réduiraient leurs émissions de 3 % par rapport à 1990. L&#8217;Union européenne entre 20 % et 30 %. Le Japon 25 %. La Russie entre 15 % et 25 %<a name="sdfootnote1anc" href="#sdfootnote1sym"><sup>1</sup></a>. En ajoutant toutes les promesses de réduction des pays développés à l&#8217;horizon 2020, on obtient 13 % à 17 % de réductions d&#8217;émissions<a name="sdfootnote2anc" href="#sdfootnote2sym"><sup>2</sup></a> par rapport à 1990.</p>
<br/>
<h4>Les engagements actuels conduisent à une augmentation de 4°C</h4>
<p>Selon le <a href="http://www.unep.org/publications/ebooks/emissionsgapreport/">Programme des Nations Unies pour l&#8217;environnement</a>, l&#8217;<a href="http://www.oxfam.org/sites/www.oxfam.org/files/sei-comparison-of-pledges-jun2011.pdf">Institut d&#8217;Environnement de Stockholm</a> et le propre secrétariat exécutif de la <a href="http://Cancún.unfccc.int/Cancún-agreements/significance-of-the-key-agreements-reached-at-Cancún/">Convention sur le changement climatique</a>, ces engagements de réduction d&#8217;émissions conduisent à une augmentation de la température globale d&#8217;environ 4°C, ou plus<a name="sdfootnote6anc" href="#sdfootnote6sym"><sup>3</sup></a>. C&#8217;est deux fois plus que le but qu&#8217;ils ont pourtant établis à Cancún qui est de limiter la hausse des températures à 2°C.</p>
<p>Avec un accroissement de la température globale de 2ºC, le nombre de décès annuel dû aux dérèglements climatiques se comptera en millions alors qu&#8217;il était déjà de 350 000 en 2009<a name="sdfootnote7anc" href="#sdfootnote7sym">4</a>. Entre 20 % et 30 % des différentes espèces de plantes et d&#8217;animaux disparaîtront. De nombreuses zones côtières, y compris les pays insulaires, seront recouverts par les eaux. Les glaciers des Andes – qui ont déjà diminué d&#8217;un tiers avec l&#8217;actuelle augmentation de la température de 0,8°C – risquent de disparaître complètement.</p>
<br/>
<h4>Cancún a ouvert la voie à une augmentation de cette ampleur</h4>
<p>Maintenant, imaginez ce que signifie une augmentation de la température moyenne mondiale de <a href="http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/syr/en/contents.html">4 °C ou plus</a>?</p>
<p lang="fr-FR">Personne dans les négociations sur le changement climatiques ne défend ou ne justifie une augmentation de cette ampleur. Toutefois, Cancún a ouvert la voie pour cela.</p>
<p>Quand la Bolivie s&#8217;est opposée à ce résultat, les négociateurs nous ont dit que l&#8217;important était de sauver le processus de négociation diplomatique et qu&#8217;à Durban, on sauverait le climat. Quelques jours avant que la conférence de Durban ne commence, les données n&#8217;ont pourtant pas bougé d&#8217;un pouce. Pire, certains annoncent qu&#8217;ils pourraient en rester au minimum de la fourchette de leurs engagements de réduction.</p>
<p lang="fr-FR">Malheureusement, durant l&#8217;année 2011, les négociations sur le climat qui se sont tenues en Thaïlande, en Allemagne et au Panama ont porté sur la forme plutôt que sur le contenu. Ce qui est en cours de négociation n&#8217;est pas de savoir comment augmenter les promesses de réduction d&#8217;émissions, mais quelles formes elles peuvent prendre.</p>
<p lang="fr-FR"><br/></p>
<h4 lang="fr-FR">On est passés à un régime volontaire du laisser faire, laisser passer<em> </em></h4>
<p>«<em> L&#8217;accord </em>» de Cancún nous a fait passer d&#8217;un régime obligatoire avec des objectifs globaux de réductions d&#8217;émissions à un régime volontaire sans objectifs globaux. C&#8217;est comme si vous disiez aux habitants d&#8217;un petit village qui peut être détruit par une inondation : « <em>apporter les pierres que vous pouvez et nous verrons si le barrage sera suffisamment haut </em>». Quand en réalité, il est opportun de définir d&#8217;abord la hauteur du barrage pour contenir la rivière, et en fonction de cela, attribuer à chaque famille le nombre de pierres qu&#8217;elle doit ramener pour que le barrage puisse sauver toute la population.</p>
<p>A Durban, ce «<em> régime volontaire du laisser faire, laisser passer </em>» va se discuter de deux façons : l&#8217;une est de mettre un terme au Protocole de Kyoto et établir une liste des engagements de réduction d&#8217;émissions « <em>que chacun souhaite</em> » dans une décision de la COP 17. L&#8217;autre est de faire la même chose en vidant de contenu le protocole de Kyoto. Dans les deux cas, l&#8217;accord vise à éliminer le Protocole de Kyoto avant 2020.</p>
<p>Pour mieux comprendre cette seconde voie, il faut rappeler que le protocole de Kyoto fixe un objectif global de réduction des émissions mondiales de 5,2 % pour la période 2007-2012. Pour limiter la hausse des températures à 2°C, il faudrait les réduire entre 25 % et 40 % pour la période 2013-2020 <a href="http://www.ipcc.ch/publications_and_data/ar4/syr/en/contents.html">selon le Groupe d&#8217;experts intergouvernemental sur le climat des Nations Unies</a>. Ce qu&#8217;ils veulent faire revient simplement à énumérer les «<em> engagements de réduction volontaire</em>» sans établir aucune référence à un objectif global qui soit lui-même relié à une limite d&#8217;augmentation de la température globale.</p>
<br/>
<h4><em>« </em>Faire disparaître le Protocole de Kyoto à Durban est un suicide <em>»</em></h4>
<p lang="fr-FR">Les partisans du maintien d&#8217;un protocole de Kyoto vidé de sa substance sont les pays qui ont peur de la réaction de leur opinion publique : <em>« A minimum, il faut donner l&#8217;illusion que le Protocole de Kyoto se poursuit pour rassurer nos électeurs »</em>. Mais la raison supplémentaire qui les amène à poursuivre avec un Protocole de Kyoto vidé d&#8217;objectifs de réduction sont ses mécanismes de marché qui sont en train de s&#8217;effondrer.</p>
<p lang="fr-FR">Le Protocole de Kyoto a beaucoup de faiblesses, mais le transformer en une coquille vide ou le faire disparaître à Durban est un suicide. La seule alternative responsable est de préserver le protocole de Kyoto avec un objectif de réduction d&#8217;émissions qui ne revient pas à incendier la planète.</p>
<p lang="fr-FR"><br/></p>
<p lang="fr-FR"><strong>Pablo Solon</strong>, analyste international et activiste social. Il a été négociateur en chef pour le changement climatique et Ambassadeur aux Nations-Unies de l&#8217;Etat plurinational de Bolivie (2009-Juin 2011).</p>
<p><a href="http://www.facebook.com/solonpablo">http://www.facebook.com/solonpablo</a></p>
<p><a href="http://pablosolon.wordpress.com/">http://pablosolon.wordpress.com/</a></p>
<p>Traduit de l’espagnol par Maxime Combes dans le cadre du projet Echo des Alternatives (<a href="http://www.alter-echos.org/">www.alter-echos.org</a>) – 21 novembre 2011. Publié initialement le 17 novembre 2011 <a href="http://pablosolon.wordpress.com/2011/11/17/a-un-ano-de-cancun-y-dias-de-durban-mas-de-4o-c/">ici</a>.</p>
<br/>
<div id="sdfootnote1">
<p lang="fr-FR"><a name="sdfootnote1sym" href="#sdfootnote1anc">1</a> Documents 	de la CCNUCC : FCCC/SB/2011/INF.1</p>
</div>
<div id="sdfootnote2">
<p lang="fr-FR"><a name="sdfootnote2sym" href="#sdfootnote2anc">2</a> 13% 	dans le cadre de la réduction des émissions au minimum et 17% pour 	le pic promet la période 2013-2020.</p>
</div>
<div id="sdfootnote6">
<p lang="fr-FR"><a name="sdfootnote6sym" href="#sdfootnote6anc">3</a> 4°C est la moyenne mondiale, ce qui implique que, pour certains 	continents comme l&#8217;Afrique, ce sera 8 °C.</p>
</div>
<div id="sdfootnote7">
<p lang="fr-FR"><a name="sdfootnote7sym" href="#sdfootnote7anc">4</a> Données 	du Forum humanitaire mondial, présidé par l&#8217;ancien Secrétaire des 	Nations Unies, Kofi Annan.</p>
</div>
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		<item>
		<title>Climat : Durban, une nouvelle « conférence des pollueurs » ?</title>
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		<pubDate>Wed, 16 Nov 2011 06:00:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>sophiechapelle</dc:creator>
				<category><![CDATA[Justice Climatique]]></category>
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Après les sommets de Copenhague et de Cancun, la ville de Durban (Afrique du Sud) accueille la prochaine Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP-17) du 28 novembre au 9 décembre 2011. Occasion pour l&#8217;association Alter-Echos (www.alter-echos.org) de faire le point avec Patrick Bond, économiste et professeur à l&#8217;université de KwaZulu-Natal, impliqué dans le mouvement pour la justice climatique et récent co-auteur de Climate Change, Carbon Trading and Civil Society.
Alter-Echos : Pour vous, quels sont les principaux enjeux de la prochaine conférence internationale sur le climat à Durban ? 
Patrick Bond : La COP-17 a une tâche impossible : faire semblant que le processus de négociation de l&#8217;ONU puisse mener à une véritable solution face à la crise climatique. Cela est pourtant impossible. L&#8217;équilibre des forces en présence est défavorable et il ne va pas s&#8217;améliorer. Les Etats-Unis, avec leurs alliés comme le Canada, vont même saboter les objectifs limités ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><!-- 		@page { margin: 2cm } 		P { margin-bottom: 0.21cm } 		A:link { so-language: zxx } --></p>
<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/11/Oilwatch-COP17-logo.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2077" style="margin: 10px;" title="Oilwatch COP17 logo" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/11/Oilwatch-COP17-logo-300x212.jpg" alt="" width="252" height="178" /></a>Après les sommets de <a href="http://climatjustice.org/bilan-copenhague/"><strong>Copenhague</strong></a> et de <a href="http://climatjustice.org/2010/12/07/cancun-enterine-copenhague/"><strong>Cancun</strong></a>, la ville de Durban (Afrique du Sud) accueille la prochaine Conférence des Nations-Unies sur le climat (COP-17) du 28 novembre au 9 décembre 2011. Occasion pour l&#8217;association <a href="http://www.alter-echos.org/"><strong>Alter-Echos</strong></a> (<a href="http://www.alter-echos.org/"><strong>www.alter-echos.org</strong></a>) de faire le point avec Patrick Bond, économiste et professeur à l&#8217;université de <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/University_of_KwaZulu-Natal"><strong>KwaZulu-Natal</strong></a>, impliqué dans le mouvement pour la justice climatique et récent co-auteur de <a href="http://bookslive.co.za/bookfinder/ean/9781869141417"><em><strong>Climate Change, Carbon Trading and Civil Society</strong></em></a>.</p>
<br/>
<h4><strong>Alter-Echos : Pour vous, quels sont les principaux enjeux de la prochaine conférence internationale sur le climat à Durban ? </strong></h4>
<br/>
<p><strong>Patrick Bond :</strong> La COP-17 a une tâche impossible : faire semblant que le processus de négociation de l&#8217;ONU puisse mener à une véritable solution face à la crise climatique. Cela est pourtant impossible. L&#8217;équilibre des forces en présence est défavorable et il ne va pas s&#8217;améliorer. Les Etats-Unis, avec leurs alliés comme le Canada, vont même saboter les objectifs limités de réduction des émissions, en particulier en empêchant une nouvelle période d&#8217;engagements contraignants dans le cadre du protocole de Kyoto. Avec d&#8217;autres pays riches, les Etats-Unis vont faire obstacle à ce que le Fonds Vert pour le Climat soit suffisamment pourvu. Des fonds qui, dans un monde plus juste, permettraient au Nord de payer la dette climatique contractée auprès du Sud. Au lieu de cela, le deal qui devrait se faire à Durban aura pour objectif de stimuler les marchés du carbone, pourtant en crise, afin qu&#8217;ils servent de source de revenus, et de jeter les bases du financement des fausses solutions, sans qu&#8217;aucun des maigres financements existants ne parviennent aux populations les plus durement touchées par les dérèglements climatiques. C&#8217;est pourquoi nous décrivons la COP comme une «<em> Conférence des Pollueurs </em>».</p>
<br/>
<h4><strong>Alter-Echos : En quoi les luttes actuelles menées en Afrique du Sud par les mouvements pour la justice climatique s&#8217;articulent avec celles menées dans les négociations internationales ?<br />
</strong></h4>
<p lang="fr-FR"><br/></p>
<p lang="fr-FR">En plus d&#8217;exiger un million d&#8217;emplois verts et une transition juste pour sortir d&#8217;une économie dépendante des combustibles fossiles, la principale question liée au climat portée par les militants sud-africains est l&#8217;accès à l&#8217;électricité et l&#8217;approvisionnement en eau. Ces trois dernières années, le prix de l&#8217;électricité a augmenté de 130 % en raison de la décision prise par la société sud-africaine Eskom de construire les troisième et quatrième plus importantes centrales au charbon de la planète. Les systèmes d&#8217;approvisionnement en eau sont déjà en train de s&#8217;effondrer, même à Durban, réputé pour avoir le meilleur système d&#8217;Afrique. Bientôt nous verrons également des événements météorologiques plus extrêmes, une montée du niveau des mers, des famines et des réfugiés climatiques qui vont mettre à l&#8217;épreuve les capacités de réaction des populations. Ce sont par ces indicateurs, révélateurs de contraintes nouvelles, que les personnes vont se rendre compte que lutter pour un climat stabilisé relève d&#8217;un processus unificateur permettant d&#8217;améliorer leur vie immédiate, si nous relions tous ces enjeux de manière adéquate.</p>
<br/>
<h4><strong>Alter-Echos : La France vient d&#8217;accueillir le sommet du G20 (voir <a href="../les-peuples-avant-la-finance/indignes-revoltes-et-mobilises-contre-un-g20-totalement-illegitime/">ici</a>). Quel bilan en tirez-vous et quels sont les liens avec la Conférence sur le climat de Durban ? </strong></h4>
<br/>
<p>La Banque Mondiale a présenté à Cannes une stratégie pour sauver le commerce du carbone, basé sur de nouvelles subventions. Les pays du Nord et leurs politiques d&#8217;austérité ont été secoués par la puissance de la résistance populaire grecque et ont considéré, par l&#8217;intermédiaire de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, qu&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;option démocratique. Le G20 a confié au FMI le pouvoir d&#8217;exiger des coupes encore plus brutales dans les niveaux de vie. Et ce avec l&#8217;aval de Pravin Gordhan, ministre des Finances d&#8217;Afrique du Sud, qui a appelé Christine Lagarde à être &laquo;&nbsp;<em>dure</em>&nbsp;&raquo; (nasty) envers les peuples d&#8217;Europe du Sud. Tout cela indique une volonté assez désespérée d&#8217;imposer des solutions néolibérales pour tenter de régler les problèmes. Une résistance bien plus forte sera donc nécessaire, d&#8217;autant que les crises économiques et environnementales sont forcément liées.</p>
<p lang="fr-FR"><br/></p>
<h4 lang="fr-FR"><strong>Alter-Echos : Les dérèglements climatiques actuels sont principalement dus aux émissions de GES des pays du Nord. Qu&#8217;attendez-vous des mouvements pour la justice climatique de ces pays, et, plus globalement, des populations, afin d&#8217;agir contre les dérèglements climatiques ?</strong></h4>
<br/>
<p>Le Nord doit payer sa dette climatique, complètement. De sorte que celles et ceux qui sont touchés dans le Sud perçoivent une compensation directe, et pas par l&#8217;intermédiaire des tyrans locaux. Je pense que les élites des pays comme l&#8217;Afrique du Sud qui se trouvent parmi les 1 % plus gros émetteurs de carbone, moi y compris, devraient supporter un fardeau plus lourd. Les pays du Nord doivent également s&#8217;engager à des réductions d&#8217;émissions de GES spectaculaires et s&#8217;engager dans un urgent projet de transformation, semblable en portée, mais pas en direction, que celui entrepris sous Roosevelt lorsque les Américains sont entrés dans la Seconde Guerre mondiale. Pour ceux qui ne s&#8217;impliqueraient pas, comme les politiciens et les agences à Washington, New York, Ottawa, Londres, Bruxelles, Moscou, Pékin et ailleurs, le mandat de la Cour pénale internationale devrait alors être élargi pour y inclure un tribunal climatique. Nous aurons aussi besoin d&#8217;une stratégie à long terme pour imposer des sanctions sur les marchandises provenant de pays comme les États-Unis. En attendant, il fait sens pour les activistes de protester contre leurs délégués, soit ici à Durban lors de la COP, ou même avant qu&#8217;ils ne quittent leur pays. Pourquoi ne pas bloquer leur route fin novembre afin de marquer le coup et affirmer clairement que le monde en a marre de la Conférence des Pollueurs ? Il est temps pour la mouvance s&#8217;activant pour la justice climatique de reprendre la main et de montrer la voie possible pour de véritables réductions d&#8217;émissions, la reconnaissance de la dette climatique, une transition juste et toutes les autres exigences si bien définies à <a href="http://climatjustice.org/2010/04/22/cochabamba-presque-en-direct/"><strong>Cochabamba</strong></a> en avril 2010.</p>
<p><em>Propos recueillis par <a href="http://www.alter-echos.org/"><strong>Alter-Echos</strong></a></em></p>
<br/>
<blockquote><p>Comment construire le mouvement de la justice climatique ? C&#8217;est l&#8217;objet de la vidéo ci-dessous, réalisée à l&#8217;issue de la conférence sur le climat à Cancun en décembre 2010.</p></blockquote>
<p style="text-align: center;"><p><a href="http://alter-echos.org/justice-climatique/climat-durban-une-nouvelle-%c2%ab%c2%a0conference-des-pollueurs%c2%a0%c2%bb/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p></p>
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		<item>
		<title>Indignés, révoltés et mobilisés contre un G20 totalement illégitime !</title>
		<link>http://alter-echos.org/les-peuples-avant-la-finance/indignes-revoltes-et-mobilises-contre-un-g20-totalement-illegitime/</link>
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		<pubDate>Wed, 02 Nov 2011 07:40:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>maximecombes</dc:creator>
				<category><![CDATA[Les peuples avant la finance]]></category>
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		<description><![CDATA[Plus de 10 000 manifestants ont déambulé le 1er novembre dans les rues de Nice pour dénoncer l&#8217;illégitimité du G20 et l&#8217;injustice des politiques économiques qu&#8217;il préconise. Indignés espagnols et d&#8217;ailleurs, occupants de Wall Street, révoltés grecs et sénégalais, révolutionnaires tunisiens et égyptiens, altermondialistes sud-américains, italiens, anglais, allemands ou français, ils sont tous là. Engagés dans leurs propres combats, ils sont réunis le temps d&#8217;une manifestation et d&#8217;un sommet des peuples, acteurs et témoins d&#8217;une véritable irruption populaire mondiale.
Au rythme des sambas, les cortèges colorés et bouillonnants ont réclamé la fin des paradis fiscaux et la transparence financière, une véritable taxe sur les transactions financières, une régulation drastique des banques, la fin des politiques d&#8217;austérité, un audit citoyen de la dette publique, des financements à la hauteur pour des politiques de transition écologique et sociale, la solidarité avec les peuples du Sud, la souveraineté alimentaire ou encore la libre circulation ...]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<br/>
<p><a href="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/11/les-peuples-d_abord.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2069" style="margin: 10px;" title="les peuples d_abord" src="http://alter-echos.org/wp-content/uploads/2011/11/les-peuples-d_abord-300x199.jpg" alt="" width="300" height="199" /></a>Plus de 10 000 manifestants ont déambulé le 1er novembre dans les rues de Nice pour dénoncer l&#8217;illégitimité du G20 et l&#8217;injustice des politiques économiques qu&#8217;il préconise. Indignés espagnols et d&#8217;ailleurs, occupants de Wall Street, révoltés grecs et sénégalais, révolutionnaires tunisiens et égyptiens, altermondialistes sud-américains, italiens, anglais, allemands ou français, ils sont tous là. Engagés dans leurs propres combats, ils sont réunis le temps d&#8217;une manifestation et d&#8217;un sommet des peuples, acteurs et témoins d&#8217;une véritable irruption populaire mondiale.</p>
<p>Au rythme des sambas, les cortèges colorés et bouillonnants ont réclamé la fin des paradis fiscaux et la transparence financière, une véritable taxe sur les transactions financières, une régulation drastique des banques, la fin des politiques d&#8217;austérité, un audit citoyen de la dette publique, des financements à la hauteur pour des politiques de transition écologique et sociale, la solidarité avec les peuples du Sud, la souveraineté alimentaire ou encore la libre circulation des femmes et des hommes etc&#8230;</p>
<p><a href="http://alter-echos.org/les-peuples-avant-la-finance/indignes-revoltes-et-mobilises-contre-un-g20-totalement-illegitime/"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<br/>
<p>Pour les organisateurs de <strong><a href="http://www.mobilisationsg8g20.org/">la manifestation et du sommet des peuples</a></strong>,  réunir plus de 10 000 personnes à Nice est &laquo;&nbsp;<em>un véritable succès compte tenu de toutes les difficultés que nous avons rencontrées dans un département tenue par la droite extrême</em>&laquo;&nbsp;. Au lendemain de l&#8217;annonce d&#8217;un référendum grec sur le plan d&#8217;austérité de l&#8217;Union européenne, cette manifestation festive et sans heurt témoigne d&#8217;une exigence irrépressible pour une véritable démocratie mondiale, nationale et locale. Réunis derrière des milliers de policiers, gendarmes, et militaires, comme dans une citadelle assiégée, les représentants du G20 ne sont pas légitimes pour décider de l&#8217;avenir du monde sans les principaux concernés : les peuples de la planète.</p>
<br/>
<p>Ressources :</p>
<ul>
<li>Vidéo <a href="http://vimeo.com/22341785"><strong><em>G8-G20 : Les peuples d&#8217;abord pas la finance</em></strong></a> : <strong><a href="http://vimeo.com/22341785">http://vimeo.com/22341785</a></strong></li>
<li><strong><a href="http://alter-echos.org/les-peuples-avant-la-finance/«%C2%A0il-ny-a-rien-a-attendre-du-g8-ou-du-g20%C2%A0»/">« Il n&#8217;y a rien à attendre du G8 ou du G20 »</a></strong></li>
<li><strong><a href="http://alter-echos.org/les-peuples-avant-la-finance/g8-g20-des-mises-en-scenes-de-la-puissance-des-grands-de-ce-monde-entretien-avec-francis-dupuis-deri/">G8, G20 : des mises en scènes de la puissance des grands de ce monde, entretien avec Francis Dupuis-Déri</a></strong></li>
</ul>
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