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« Canaclaquer » pour économiser l’eau
17 février 2011 | Ajouter un commentaire
« Canaclaquer », c’est une des découvertes de ce forum social mondial 2011 à Dakar. « Cela signifie se laver les mains au canacla », explique avec enthousiasme Benoit Vanhercke, un médecin belge à la retraite. Le geste peut d’abord paraître désuet. Mais à bien regarder cette invention, le canacla insuffle un nouveau rapport à notre gestion de l’eau en permettant d’économiser jusqu’à trente fois la quantité d’eau pour un lavage de mains. « Au robinet, on utilise en moyenne trois litres d’eau, précise Benoit, au canacla c’est à peine 100 millilitres. » Et le robinet automatique ? « Une catastrophe écologique, estime Benoit. Son débit c’est 100 à 200 millilitres par seconde contre 5 millilitres pour le canacla ».
Rendre l’eau courante accessible à tous
Concrètement, le canacla est une cruche à clapet en céramique ou fer forgé. Il en tire d’ailleurs son nom puisqu’il est l’acronyme de CANAri – qui désigne en Afrique une cruche en terre cuite – et de CLApet. Il suffit ensuite de disposer sous le clapet un bol ou une bassine qui récupère l’eau. L’idée de cet objet puise sa source dans le constat tiré par Benoit lorsqu’il était médecin en République démocratique du Congo. Les villages reculés dans lesquels il exerce alors ne dispose en général que de très peu d’eau. « Le problème c’est que cette faible quantité est une eau stagnante. Or, celle-ci véhicule des maladies liées au péril fécal qu’on appelle aussi maladies des mains sales », explique Benoit. C’est finalement son fils, Jacques, qui trouve la solution. « Avec le canacla, on transforme l’eau stagnante en eau courante, s’enthousiasme Benoit. Désormais, même les villages les plus reculés peuvent disposer d’eau courante sans recourir au robinet ».
Passionné par cet objet d’art à la fois économique, écologique et ludique, Benoit n’hésite pas à aller au-devant des visiteurs du Sénégal pour les faire « canaclaquer ». Pour lui, le canacla ne symbolise pas seulement la gestion rationnelle de l’eau pendant le lavage des mains. « Il est aussi un acte qui a une signification profonde sur notre rapport aux ressources naturelles de la planète ». A ce stade, il se heurte au coûts de fabrication et de commercialisation rendant difficile l’accès du canacla aux plus démunis – environ 83 euros pour un canacla en fer forgé et décoré par un artiste peintre. Un premier soutien est venu en mai 2010 par le représentant de l’Organisation Mondiale de la Santé au Sénégal présentant le canacla comme « une nouvelle technologie écologique et économique pour le lavage des mains ». Les hôpitaux et les écoles du Sénégal pourraient bientôt devenir de nouveaux lieux d’accueil du canacla.
Plus d’infos : http://canacla.com/blog/
Catégorie: Alternatives Concrètes · Tags: canacla, canaclaquer, eau, forum social mondial, ressources naturelles
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